Rapport d’enquête sur le département de psychiatrie du CSSS de Saint-Jérôme

Reconstruire les soins sur de nouvelles bases

22 juin 2011

L’enquête sur la qualité des soins en santé mentale du CSSS de Saint-Jérôme effectuée au cours des deux derniers mois par le Collège des médecins du Québec et l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) a fait ressortir plusieurs facteurs qui nuisent à la qualité des soins. L’absence de certains services, l’instabilité de l’encadrement, l’absence de communication structurée, le climat de travail malsain, le manque de ressources professionnelles et de collaboration interprofessionnelle ainsi que les effectifs insuffisants, en plus des lieux physiques inadéquats, sont au nombre des problèmes soulevés dans le rapport conjoint des deux ordres. Le contexte administratif déficient n’a pas permis le développement des compétences infirmières selon les standards actuels. Quant aux pratiques médicales, elles sont individualistes et souvent mal adaptées à l’évolution des connaissances et des pratiques en santé mentale, peut-on lire dans le rapport rendu public aujourd’hui.

À l’occasion d’une conférence de presse, les deux présidents-directeurs généraux de l’OIIQ et du Collège, Mme Gyslaine Desrosiers et le Dr Charles Bernard, ont présenté le rapport d’enquête qui contient 27 recommandations, en mettant l’accent sur les principaux aspects à améliorer. Rappelons que cette enquête avait été déclenchée après que les conseils d’administration des deux ordres aient été informés, en mars 2011, de situations préoccupantes dans l’établissement.

Principaux axes d’amélioration
Les 27 recommandations portent sur plusieurs aspects :

  • prendre les mesures qui s’imposent pour assurer le respect des droits des patients, tant au plan de la formation qu’au plan des politiques de gestion ;
  • implanter des pratiques cliniques selon les standards actuels de la psychiatrie et des soins infirmiers dans le domaine ;
  • travailler en équipes interdisciplinaires ;
  • systématiser l’évaluation de la qualité de l’exercice professionnel ;
  • favoriser la communication à tous les niveaux et améliorer le climat de travail ;
  • adapter le niveau des effectifs professionnels aux besoins de la clientèle ;
  • assurer une meilleure formation du personnel ;
  • améliorer l’accès au service et compléter la gamme de services nécessaires.

Par ailleurs, bien que les enquêteurs recommandent des lieux physiques plus adéquats, l’OIIQ et le Collège sont catégoriques : il faudra bien plus que de nouveaux locaux pour atteindre le niveau de qualité des soins requis par les patients souffrant de problèmes de santé mentale dans cette région. Il faudra prendre les mesures qui s’imposent pour changer la culture qui perpétue des approches professionnelles désuètes.

Pour Mme Desrosiers, « il importe de prendre tous les moyens nécessaires pour soutenir l’émergence d’un leadership clinique médical et infirmier basé sur la collaboration interprofessionnelle, afin de répondre aux besoins des patients et de leurs familles ».

« Il est maintenant temps de passer à l’action et de concentrer nos efforts sur la qualité des soins aux patients, a ajouté le Dr Bernard. Le changement de culture dans le département de psychiatrie passe d’abord par les professionnels et le personnel, en sachant qu’ils ne seront pas seuls et qu’ils auront l’appui vigilant des ordres professionnels et des autorités concernées, locales et régionales. »

Enfin, le rapport souligne que plusieurs bonnes initiatives avaient été tentées et que les enquêteurs ont rencontré des personnes qualifiées qui ont à cœur le bien-être des patients. Toutefois, l’isolement de ces initiatives et de ces individus explique l’absence de continuité et d’enracinement des bénéfices escomptés. C’est notamment pourquoi tant le Collège que l’OIIQ concluent le rapport en recommandant au ministre de la Santé et des Services sociaux de créer un comité de vigie ministériel auquel les deux ordres participeront. Son mandat sera d’accompagner le CSSS de Saint-Jérôme dans l’actualisation des recommandations du rapport d’enquête. L’objectif : que la population de la région reçoive les soins et services en santé mentale qu’elle requiert en toute dignité et sécurité.

À propos du Collège et de l’OIIQ
Le Collège des médecins du Québec est l’ordre professionnel des médecins québécois. Sa mission est de promouvoir une médecine de qualité pour protéger la population et contribuer à l’amélioration de la santé des Québécois.

L'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec est un ordre professionnel régi par la Loi sur les infirmières et les infirmiers et par le Code des professions. Il compte plus de 71 000 membres dont 4 000 exercent en santé mentale. Sa principale fonction est d'assurer la protection du public par la surveillance de l'exercice de la profession infirmière. L'OIIQ a également pour mandats de promouvoir une pratique infirmière de qualité et de contribuer au maintien des compétences des infirmières.

Rapport 
Rapport d’enquête sur la qualité des soins en santé mentale au CSSS de Saint-Jérôme 

Photos
Des photos de la conférence de presse sont accessibles ici.

Information

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Cellulaire : 514 895-1987

 

 
 

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