Le Collège des médecins du Québec salue la réflexion rigoureuse, utile et de grande qualité qui émane du rapport produit par le groupe de travail sur le financement du système de santé présidé par M. Claude Castonguay. Des solutions réalistes, pragmatiques et applicables à court et moyen terme sont proposées pour résoudre les deux principaux problèmes auxquels fait face notre système de santé public : l’accès aux soins et son financement à long terme.
« Il est frappant de constater que plusieurs des recommandations du rapport reprennent des propositions votées majoritairement par les participants au Sommet de la santé organisé par le Collège des médecins du Québec à l’automne dernier » a déclaré le Dr Yves Lamontagne, président-directeur général.
En effet, parmi les points communs, on note :
- l’appel à une responsabilisation de tous les acteurs concernés, du citoyen jusqu’au ministre;
- la nécessité de revoir l’organisation des services pour les rendre plus efficaces, plus souples et plus adaptables, donc moins bureaucratiques;
- la priorité à donner aux services de première ligne en favorisant le modèle de coopérative associé à l’inscription des patients, moyennant une contribution annuelle déductible d’impôts et non conditionnelle à la consultation médicale;
- l’appel au changement de la gouvernance en décentralisant les décisions et les moyens là où se situe l’action;
- la redéfinition et la clarification du rôle des principales institutions : retrait du ministère de la Santé de la production de services, réduction de moitié du nombre d’agences, rôle plus dynamique des centres de santé et de services sociaux;
- l’incitation pour les institutions de santé à explorer des sources de revenus additionnelles pour réinjecter les bénéfices dans des services à la population;
- la nécessité de développer les technologies de l’information dans tous les lieux de dispensation de services;
- le rejet du ticket modérateur au profit d’une franchise annuelle modulée par la fiscalité en fonction du revenu et de l’utilisation du système;
- la mise en place de « l’opting out » dans le dossier de santé informatisé;
- l’investissement dans la prévention et la promotion de la santé.
« Loin d’être une révolution, les recommandations et les conclusions du rapport correspondent davantage à une évolution pondérée et nécessaire de notre système public de santé dans le but de le préserver » ajoute le Dr Lamontagne. « Avant de s’opposer au rapport, il faut prendre le temps de bien le lire. Tous reconnaissent que le statu quo et la simple injection de nouveaux fonds publics, sans changement en profondeur des mentalités et des façons de faire, est la voie la plus sûre pour mettre en danger la pérennité de notre système de santé. Il y a urgence d’agir et la voie proposée par le rapport est, dans ses grands principes, celle qu’il faut suivre. »
Plusieurs aspects du rapport interpellent directement la profession médicale, en particulier l’ouverture vers une pratique médicale mixte, la mise en place de contrats entre les médecins et les établissements de santé et surtout la désaffection des futurs médecins à l’endroit de la médecine familiale. À cet égard, le Collège des médecins du Québec sera très vigilant et assumera pleinement son mandat de protection du public.
Le Collège des médecins est l’ordre professionnel des médecins québécois. Sa mission est de promouvoir une médecine de qualité pour protéger la population et contribuer à l’amélioration de la santé des Québécois.
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