Sortir de l’impasse

Une réflexion du Collège des médecins du Québec sur les soins en fin de vie

3 novembre 2009

Au terme d’une démarche qui a duré plus de trois ans, le Collège des médecins du Québec fait aujourd’hui le point sur l’état actuel de sa réflexion sur les soins en fin de vie et l’euthanasie. Bien que plusieurs consultations aient eu lieu, le Collège n’a pas la prétention de pouvoir apporter une réponse simple à une question complexe qui interpelle chacun d’entre nous, et l’ensemble de la société.

Le Collège des médecins du Québec prend le point de vue du patient qui fait face à une mort imminente et inévitable. Dans une telle situation, le patient s’adresse à son médecin et lui demande généralement de mourir dans la dignité et de ne pas souffrir. Ce ne sont pas les sondages, ni les avocats, ni les députés qui vont conseiller au cas par cas le médecin et son patient face à une telle situation. Dans la majorité des cas, le patient et son médecin parviennent, avec l’analgésie appropriée, à respecter les obligations déontologiques du médecin qui ne sont pas de maintenir la vie à tout prix mais bien « d’agir de telle sorte que le décès d’un patient qui paraît inévitable survienne dans la dignité et d’assurer à ce patient le soutien et le soulagement appropriés ».

« Mais il y a des situations d’exception où l’agonie et la souffrance se prolongent et où on demande aux médecins de poser des gestes qui pourraient être interprétés comme interdits par le Code criminel. Selon nous, plusieurs de ces gestes correspondent à des soins médicaux appropriés », de dire le Dr Yves Lamontagne, président-directeur général du Collège des médecins du Québec.

« Limiter la question des soins en fin de vie à Êtes-vous pour ou contre l’euthanasie ?  c’est mal poser la question, ce qui mène inévitablement à de mauvaises réponses et à une impasse », de dire le Dr Yves Robert, secrétaire du Collège des médecins du Québec. Selon le Collège, le statu quo législatif actuel ne reflète pas la réalité clinique vécue par les patients et leurs médecins et limite le développement des soins appropriés en fin de vie.

« Il faut sortir de la logique de droits actuelle pour aller vers une logique de soins appropriés et adapter le cadre législatif en conséquence, de dire le Dr Lamontagne. Ce cadre législatif doit permettre de rassurer les patients, les médecins et la société à l’effet que les soins prodigués en fin de vie seront les plus appropriés possibles ».

Une telle loi ne doit pas viser à identifier toutes les situations possibles et à proposer des protocoles pour chacune d’entre elles, mais doit plutôt définir le processus menant à une décision, où le patient ou sa famille et le médecin ont leur mot à dire et peuvent obtenir toute l’assistance requise afin de prendre une décision commune et satisfaisante pour tous.

« Nous croyons qu’une sensibilité nouvelle est clairement perceptible aussi bien chez les médecins que dans la population du Québec qui est de plus en plus pluraliste, où l’euthanasie, dans des situations exceptionnelles, pourrait être considérée par le patient et son médecin comme une étape ultime et nécessaire pour assurer, jusqu’à la fin, des soins appropriés et de qualité », de dire le Dr Robert.

Voilà pourquoi le Collège interpelle et invite d’autres acteurs, notamment l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec et le Barreau du Québec, à l’accompagner dans la suite du cheminement qu’il a amorcé.

« Je vous invite à lire le rapport du groupe en éthique clinique du Collège et le document de réflexion qui en découle, accessibles dans notre site Web, afin de mieux comprendre la démarche du Collège qui l’amène à ces conclusions. J’invite par la suite tous les acteurs à cheminer avec nous dans l’élaboration de propositions concrètes qui nous feront sortir de l’impasse actuelle, en ayant en tête le souci d’offrir les soins les plus appropriés possibles à chacun lorsque viendra le moment ultime de la vie » de conclure le Dr Lamontagne.
Le Collège des médecins est l’ordre professionnel des médecins québécois. Sa mission est de promouvoir une médecine de qualité pour protéger la population et contribuer à l’amélioration de la santé des Québécois.

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Renseignements : Mme Leslie Labranche
Coordonnatrice aux relations publiques
Collège des médecins du Québec
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Cellulaire : 514 915-2170

 

 
 

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