Le point sur les effectifs médicaux au Québec

Le Collège des médecins n’entrevoit toujours pas la fin de la pénurie

23 janvier 2007

Alors que la moyenne d’âge des effectifs médicaux au Québec augmente et que le temps de travail des médecins tend à se réduire, le Collège des médecins constate que le phénomène de pénurie, vivement éprouvé par la population québécoise, n’est pas prêt de se résorber. C’est là l’une des conclusions d’une étude relative aux effectifs médicaux préparée par le Collège des médecins, étude qui confirme également la féminisation de la profession et la tendance, chez les jeunes médecins, à « s’outiller » pour une éventuelle émigration.

Dans ce compte rendu sur les effectifs médicaux, le Collège des médecins du Québec établit que 18 989 médecins étaient inscrits au tableau des membres de l’ordre au 1er octobre 2006. Sur ce nombre, 15 904 médecins (83,8 %) ont des activités cliniques au Québec, 794 (4,2 %) ont un permis pour exercer au Québec mais pratiquent ailleurs au Canada ou aux États-Unis, 405 (2,1 %) ne s’adonnent qu’à des tâches administratives et 1 886 (9,9 %) sont retraités ou momentanément éloignés de la pratique active pour diverses raisons.

Sur le nombre total des médecins québécois, on retrouve 12 145 hommes (64 %) et 6 844 femmes (36 %). Ces dernières constituent près de la moitié des effectifs en médecine de famille (omnipraticiens) et près du tiers des médecins spécialistes. La moyenne d’âge est de 49,6 ans pour les médecins de famille et de 53,1 ans pour les spécialistes. Les médecins de 55 ans et plus représentent à eux seuls plus du tiers des effectifs totaux.

L’analyse des données recueillies par le Collège permet plusieurs constats. Au premier chef, il est clair que le nombre total des médecins en pratique active, soit 15 904, est inférieur au besoin en effectifs médicaux. Par ailleurs, la profession a nettement amorcé une tendance à la féminisation, les effectifs accusant une augmentation du nombre de femmes de 7,8 % en dix ans. Avec 36 % d’effectifs médicaux féminins, le Québec se rapproche à grands pas de la prédiction canadienne établissant qu’en 2015, 40 % des médecins au pays seront des femmes.
 
Le Collège note une évolution à la baisse du temps de travail des médecins en général. Le développement de postes à temps partiel, l’abaissement de l’âge de la retraite, l’amélioration de la qualité de vie, le manque de lits en milieu hospitalier et les restrictions de l’accès aux salles d’opération sont, entre autres, autant de motifs à l’origine de ce phénomène.

Depuis 2002, enfin, il y a quelque 800 médecins sur le nombre total des membres inscrits au tableau de l’ordre qui pratiquent, bon an mal an, à l’extérieur du Québec. Ce nombre a tendance à demeurer stable depuis 5 ans mais on remarque, ces dernières années, que plusieurs jeunes médecins passent simultanément leurs examens canadiens et américains, parlent deux ou trois langues ou ont des conjoints d’origines diverses. Ce sont là des facteurs qui pourraient indiquer un accroissement des projets d’émigration.

Ce bilan sur les données recueillies par le Collège des médecins relativement aux effectifs médicaux place le Québec sous la barre des 2,1 médecins par 1 000 habitants, qui est la moyenne canadienne, et en dessous de celle des 2,9 médecins par 1 000 habitants, qui correspond à la moyenne internationale. Certes, on prévoit une augmentation significative du nombre de nouveaux médecins en pratique active dès l’an prochain, conséquence directe de l’augmentation des admissions en médecine. La pénurie des effectifs devrait toutefois perdurer encore quelques années, en raison notamment de la réduction du temps de travail et du départ éventuel vers la retraite de nombreux médecins. Rappelons à cet effet que 20,3 % des médecins spécialistes et 9,6 %  des médecins de famille ont actuellement 65 ans ou plus.

Afin de pallier le problème de la pénurie, le Collège des médecins du Québec a été le partisan, sinon l’initiateur, de plusieurs mesures visant à minimiser l’impact du phénomène sur la population et à faciliter la tâche aux médecins en fonction. Parmi ces mesures figurent le partage de certaines activités médicales avec d’autres professionnels de la santé, la mise sur pied de groupes de médecins de famille (GMF) et de cliniques réseaux, le développement de spécialités infirmières en néonatalogie, en cardiologie, en néphrologie et, bientôt, en soins de première ligne, l’harmonisation des examens de médecine de famille avec ceux du reste du Canada, sans compter l’intégration de près de 2 000 médecins ayant obtenu leur diplôme de médecine ailleurs qu’au Canada ou aux États-Unis. Appliquées efficacement, toutes ces mesures contribuent à nous permettre d’offrir les meilleurs services possibles à la population, en dépit des carences en effectifs.

Le Collège des médecins du Québec est l’ordre professionnel des médecins québécois. Sa mission est de promouvoir une médecine de qualité pour protéger la population et contribuer à l’amélioration de la santé des Québécois.

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