NOVEMBER 9, 2017

Gare au marketing d’influence!

Par la Direction des enquêtes
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Récemment, il a été porté à l’attention du Collège que des médecins auraient offert à des influenceurs des soins médicaux esthétiques gratuits, notamment des chirurgies plastiques et des injections de toxine botulique, en échange de visibilité sur le Web. 

Le marketing d’influence est un phénomène en pleine expansion. De plus en plus d’influenceurs (blogueurs, Youtubeurs, etc.) font leur apparition sur le Web. Les principales activités professionnelles d’un influenceur sont la production et la diffusion de vidéos en ligne. Leur popularité est en croissance chez les adolescents. Ceux-ci s’abonnent aux chaînes YouTube de leurs influenceurs préférés, lesquels deviennent des modèles pour les jeunes.  

Au cours des dernières semaines, des femmes qui comptent plusieurs milliers d’abonnés sur leurs chaînes, et ayant donc une certaine influence, ont diffusé des vidéos où l’on peut voir tout le processus de leur transformation esthétique. L’évaluation médicale ainsi que l’acte chirurgical sont également filmés. 

Rappelons que le Code de déontologie des médecins balise l’indépendance professionnelle du médecin. Plus particulièrement, le médecin doit s’abstenir d’accorder, dans l’exercice de sa profession, tout avantage, commission ou ristourne à quelque personne que ce soit1

En d’autres termes, le fait d’offrir des soins médicaux gratuitement à ces influenceurs en échange d’une visibilité est un avantage qui est proscrit, et ce, dans tous les domaines de la médecine. 

En utilisant cette forme de marketing, le médecin s’expose également à permettre que soit faite de la publicité destinée à des personnes vulnérables, soit des adolescents, contrairement à ce que prescrit son Code de déontologie2.  

Le Collège invite les médecins à faire preuve d’une grande prudence face à l’émergence de ce marketing d’influence, de même qu’à s’assurer de respecter les règles inhérentes au secret professionnel. 

Pour de plus amples informations, nous vous invitons à consulter les documents suivants : 

____________________________________
1 Code de déontologie des médecins, art. 73 (2).
2 Code de déontologie des médecins, art. 93.3.