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SEPTEMBER 1, 2021

Vaccination et déontologie

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Dr Mauril GaudreaultLe réseau de la santé n’a pas chômé durant l'été. Je salue tout le personnel qui a assuré une continuité des soins à la population et qui devra redoubler d’ardeur alors que 150 000 personnes attendent d’être opérées, triste conséquence du délestage des 18 derniers mois. 

Cette pandémie s’est révélée être une véritable course à obstacles. Mais malgré la fatigue et parfois le découragement, il n’y a aucun autre choix que d’avancer!

Vaccination obligatoire pour les médecins aussi 

Le Collège s’est clairement prononcé en faveur de la vaccination obligatoire pour l’ensemble du personnel de la santé. Face à la quatrième vague, la vaccination demeure le meilleur moyen de réduire ses impacts et de préserver la capacité d’accueil du réseau hospitalier pour toute la population. Il s’agit d’un devoir déontologique et d’une obligation sociale. Notre code de déontologie l’indique clairement dans les articles suivants :

  • Article 3. Le médecin a le devoir primordial de protéger et de promouvoir la santé et le bien-être des individus qu'il sert, tant sur le plan individuel que collectif.
  • Article 3.1. Le médecin doit collaborer avec les autres médecins au maintien et à l’amélioration de la disponibilité et de la qualité des services médicaux auxquels une clientèle ou une population doit avoir accès.

Nous devons donner l’exemple en nous protégeant, et en protégeant ainsi la population et le personnel du réseau de la santé. La très grande majorité de la population qui appuie les mesures sanitaires ne s’attend à rien de moins que cela de notre part. Bien que le taux de vaccination atteigne plus de 95 %1  chez l’ensemble des médecins, il nous faut viser les 100 %!

On doit soigner les patients non vaccinés 

Il est clair qu’une frange de la population s’oppose encore aux mesures sanitaires et au vaccin. Cela entraîne des défis, voire des dilemmes sur le terrain : au cours des dernières semaines, des médias ont rapporté que certains médecins refusaient de voir des patients qui n’avaient pas reçu leurs deux doses de vaccin. 

Pourtant, notre code de déontologie rappelle l’obligation de disponibilité des médecins, qui doivent favoriser l’accès aux services médicaux pour la population. Il stipule aussi qu’un médecin ne peut refuser d’examiner ou de traiter une personne pour des raisons « reliées à la nature d’une déficience ou d’une maladie ». Une vaccination non adéquate ne peut pas être considérée comme un critère valable pour refuser de fournir des soins2

Par conséquent, les médecins doivent déployer des moyens raisonnables pour dispenser des soins à ces personnes, comme aux autres. Par mesure de précaution, le recours aux soins virtuels, lorsque cela est possible, ou l’aménagement de plages horaires consacrées aux patients non vaccinés pourraient être envisagés. La tolérance, le sens du devoir et le professionnalisme devront primer en toutes circonstances.

Pour encore plus de précisions quant aux modalités à mettre en place, notamment en première ligne, je vous invite aussi à prendre connaissance de la directive ministérielle sur la reprise des activités, que vous trouverez dans cette infolettre.

Positionnement sur l’aide médicale à mourir 

Les consultations de la Commission spéciale sur l'évolution de la Loi concernant les soins de fin de vie sont terminées. Nous avons écouté avec intérêt les points de vue des divers intervenants, notamment ceux exprimés par les fédérations médicales sur la question des demandes anticipées et des troubles de santé mentale. 

Je tiens aussi à remercier tous les médecins qui nous ont fait parvenir leur mémoire, un apport précieux pour notre groupe de réflexion. 

Mauril Gaudreault, M.D.
Président

1 Donnée de l’INSPQ en date du 16 août 2021.  
2 Voir les articles 3.1 et 23 du Code de déontologie des médecins.