12 NOVEMBRE 2015

L'autorégulation et le leadership médical : oui à la synergie

Par la Direction générale
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« Dans une certaine mesure, le leadership, c'est comme la beauté, elle est difficile à définir mais quand vous la voyez, vous savez qu'elle est là. » (traduction libre)

Cette citation de Warren Bennis (1925-2014), reconnu comme le doyen des gourous en leadership, est bien connue partout dans le monde.

La médecine a produit son lot de leaders depuis les débuts de la profession. Encore aujourd'hui, on reconnaît à la profession médicale et à plusieurs de ses membres un leadership certain, sur plusieurs plans. Cette reconnaissance vient en grande partie du fait que le médecin est appelé à jouer un rôle primordial et crucial comme acteur incontournable au sein du réseau de la santé et des services sociaux.

Au Québec, plusieurs leaders médicaux sont reconnus en vertu de la Loi sur la santé et les services sociaux, notamment le chef de département régional de médecine générale, le président de la Table régionale des chefs de département de médecine spécialisée, le chef de chaque département clinique au sein d'un établissement, le président du Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens (CMDP), le directeur des services professionnels et le directeur médical des Centres médicaux spécialisés. Les attentes de la société envers ces derniers sont souvent élevées et diversifiées.

On attend du médecin leader qu'il favorise l'engagement et le professionnalisme des médecins, qu'il améliore la collaboration entre les membres de l'équipe médicale et interprofessionnelle et qu'il contribue à coordonner des soins de qualité et sécuritaires. Comme on le constate, plusieurs de ces attentes se juxtaposent à l'autorégulation qui prévaut au sein de la profession médicale, d'où la synergie potentielle.

Bien que tous les médecins soient appelés à jouer un rôle d'une façon ou d'une autre pour contribuer au succès de l'autorégulation, on ne peut demander à tous d'être chefs. En effet, les compétences attendues d'un bon médecin ne sont pas les mêmes que celles exigées d'un bon leader médical. À l'inverse, les médecins désirent que leur chef soit aussi un bon médecin. Dans les faits, cette exigence ajoute le plus souvent de la crédibilité à la fonction de leader.

Il est important pour les leaders médecins de créer de la synergie et de prendre pleinement conscience du rôle indispensable qu'ils ont à jouer auprès de leurs pairs pour une autorégulation réussie. 

Parmi les écrits sur le leadership médical, citons un article de l'Association canadienne de protection médicale (ACPM), publié en décembre 2012 et toujours d’actualité, intitulé: « Place au leadership dans les soins médicaux plus sécuritaires ». Cet écrit témoigne autant de l'effet bénéfique que de l'effet protecteur pour les patients et pour les médecins, de l'exercice réussi du leadership médical.

Alors que la faillite de l'autorégulation est montrée du doigt à la faveur du scandale actuel dans le monde de l’automobile et de ses leaders, plus que jamais les leaders du monde médical doivent se distinguer en adoptant des comportements proactifs et transparents, en synergie avec la confiance du public, et en démontrant que l’autorégulation médicale est viable.