19 JUIN 2015

Collaborer pour rehausser la qualité et la sécurité des soins

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On parle depuis longtemps de collaboration interprofessionnelle dans le domaine de la santé et il existe, sans l’ombre d’un doute, une volonté d’orienter les pratiques médicales pour favoriser le travail d’équipe. Il s’agit toutefois d’une longue démarche parsemée de défis.

Au début juin, le Collège des médecins du Québec (CMQ), l’Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec (OIIQ) et l’Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ) ont franchi une nouvelle étape en émettant un énoncé de position conjoint sur la collaboration interprofessionnelle. Concrètement, cela signifie que les médecins, les pharmaciens et les infirmières sont appelés à adapter leur pratique afin de favoriser l’interdisciplinarité et d’assurer un meilleur accès aux services de santé.

Tous s’entendent pour dire que le travail en « silo » n’est pas une façon optimale de prendre soin des patients. L’appui de plus d’une vingtaine d’autres ordres de la santé et des services sociaux à cet énoncé de position envoie un message clair : l’accompagnement partagé du patient et la communication continue entre les intervenants du réseau de la santé sont essentielles pour assurer la qualité des soins prodigués aux patients.

Au-delà de la simple coordination des soins offerts par les différents professionnels, la collaboration exige des efforts et une volonté de comprendre, de respecter et d’intégrer l’expertise de chacun dans le continuum de soins. Le partage d’information ainsi que la compréhension des rôles des différents intervenants doivent guider les pratiques des équipes interprofessionnelles et instaurer de nouveaux standards de qualité en matière de soins.

Dans le passé, le Collège des médecins s’est parfois fait reprocher d’être fermé aux initiatives de collaboration interprofessionnelle. Pourtant, c’est tout le contraire. Plusieurs actions ont été entreprises dans les dernières années et de nombreux dossiers sont en cours pour reconnaître les nouvelles connaissances et compétences de différents intervenants et professionnels de la santé, et ce, toujours au bénéfice des patients.

Le Collège travaille avec les autres ordres professionnels de la santé à faire évoluer la question du partage d’activités médicales. L’entrée en vigueur le 20 juin prochain de la loi 41 permettant aux pharmaciens d’exercer de nouvelles activités est un bel exemple de collaboration entre l’OPQ et le CMQ. En effet, pour appuyer le déploiement de ces nouvelles activités, les deux ordres ont coordonné leurs efforts pour assurer la formation adéquate des pharmaciens, réaliser un guide d’exercice conjoint, concevoir un site Internet spécialement destiné aux pharmaciens et aux médecins et mettre sur pied un comité de vigie interordres.

Plus que jamais, le Collège appuie de nombreuses démarches menant à la collaboration interprofessionnelle et invite tous les médecins à adhérer à une pratique évoluant en ce sens. Rappelons d’ailleurs que le Code de déontologie des médecins a été révisé en janvier 2015 et qu’une disposition y a été ajoutée pour indiquer clairement au médecin qu’il a le devoir de collaborer et de communiquer avec les autres professionnels qui participent aux soins du patient, tout comme avec les autres personnes habilitées par règlement, telles que les techniciens ambulanciers et les thérapeutes du sport.

Bref, même si ces démarches ne sont pas toujours médiatisées, le Collège pilote plusieurs dossiers en matière d’interdisciplinarité et considère la collaboration interprofessionnelle comme essentielle au rehaussement de la qualité et de la sécurité des soins au Québec.

Charles Bernard, M.D.
Président-directeur général
Collège des médecins du Québec


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