11 NOVEMBRE 2013

Détecter et traiter la déprime… avec ou sans antidépresseurs?

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Les médias ont rapporté récemment que les Canadiens sont de grands consommateurs d’antidépresseurs, selon le rapport Panorama de la santé 2013, publié par l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE).

Certains diront que l’augmentation de la consommation est peut-être le signe d’un meilleur traitement de la dépression. En effet, on sait qu’historiquement, peu de personnes souffrant de dépression osaient autrefois en parler à un professionnel de la santé ou à leur médecin. Encore aujourd’hui, la dépression est souvent sous-diagnostiquée.

D’autres avanceront que cette consommation élevée d’antidépresseurs serait plutôt le signe d’un manque d’accès à la psychothérapie, qui s’avère souvent aussi efficace, notamment pour les dépressions légères.

Par ailleurs, pourrait-on associer cette « surconsommation » à un manque de formation des intervenants de première ligne pour détecter plus rapidement la dépression? (Voir à ce sujet le protocole de soins Faire face à la dépression au Québec, produit par le Centre de recherche du CHUM, l’Université de Sherbrooke et l’Institut national de santé publique du Québec).

Ce document nous rappelle qu’à chaque année, environ une personne sur 20 est frappée par la dépression.

Enfin, est-il possible que la hausse de la consommation s’explique aussi par l’utilisation grandissante des antidépresseurs comme adjuvant à la médication antidouleur?

Où se situe le juste équilibre?

Jean-Bernard Trudeau, M.D.
Secrétaire adjoint
Collège des médecins du Québec