24 AVRIL 2012

Donner un coup de barre avec les ordonnances collectives – Suivi du congrès annuel de l’AMQ

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On peut certainement affirmer que le congrès de l’Association médicale du Québec a été une belle réussite dans son ensemble, incluant le panel de vendredi dernier sur l’interdisciplinarité entre médecins et pharmaciens.

Lors du panel, M. Paul Brunet, président du Conseil de la protection des malades, a insisté sur l’importance d’une bonne circulation de l’information en interdisciplinarité pour la qualité et la sécurité des soins. Mme Diane Lamarre, présidente de l’Ordre des pharmaciens du Québec, a mis de l’avant la formation des pharmaciens pour identifier les signaux d’alarme et le rôle qu’ils peuvent jouer pour contribuer à améliorer l’accès aux soins ainsi que leur continuité. Pour ma part, j’ai insisté sur l’importance de centrer nos efforts sur les besoins du patient et de développer un climat de confiance et de respect propice à une compréhension réciproque et à une communication productive entre les professionnels pour y arriver. Le défi de la synchronisation est grand, tant entre professionnels qu’avec le patient…

Les échanges entre nous et avec l’auditoire sont venus confirmer qu’il faut atteindre un équilibre entre la nécessité pour un patient de voir un médecin au risque d’attendre et la possibilité de consulter  plus rapidement un autre professionnel de la santé. L’équation est évidemment plus facile à résoudre si l’information pertinente circule efficacement. Il faudrait aussi mettre à profit l’activité précieuse réservée aux infirmières qui consiste à évaluer la condition physique et mentale d’une personne symptomatique.

Dans cette discussion, les ordonnances collectives ont refait surface comme un outil encore très sous-utilisé par tous les médecins. Les ordonnances collectives permettent pourtant aux différents professionnels de la santé de déployer plus rapidement toutes leurs compétences en interdisciplinarité. Elles permettent aussi aux médecins, par ricochet, de dégager du temps précieux pour exercer pleinement leur science et leur art en temps opportun auprès des patients le nécessitant.

Au-delà de l’actualisation prochaine du projet de loi 41 et des enjeux de communication, il faut donner un coup de barre pour multiplier les ordonnances collectives, sinon on prive la population de nombreuses compétences professionnelles disponibles qui ne demandent qu’à se déployer efficacement pour le bien-être du patient… et du médecin.

Jean-Bernard Trudeau, M.D. 
Secrétaire adjoint
Collège des médecins du Québec