20 OCTOBRE 2014

Ebola : de la contagion des virus et de la peur

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La dernière éclosion de cas de maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest, actuellement en cours, sévit depuis près de six mois maintenant. Il ne s’agit pas d’une nouvelle maladie puisque périodiquement, au cours des 40 dernières années, des éclosions de cette maladie, limitées dans le temps et dans l’espace, sont survenues dans différentes régions d’Afrique. Il s’agit d’une des formes les plus graves des fièvres hémorragiques virales. Ce qui semble nouveau avec la dernière éclosion, c’est son caractère persistant dans le temps, sa diffusion en Afrique, et surtout son exportation de quelques cas, notamment en Europe et en Amérique du Nord. La survenue de trois cas récents aux États-Unis ravive les craintes d’exposition à une maladie à forte mortalité sans traitement spécifique.

La situation d’appréhension, particulièrement pour les professionnels de la santé, est analogue à celle observée en 2003 à l’occasion de l’apparition du Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) dont l’éclosion initiale était apparue en Asie, et dont un des foyers importants de transmission nosocomiale avait eu lieu à Toronto.

La survenue d’éclosions à potentiel de transmission internationale n’est pas nouvelle et la transmission du virus Ebola ne sera pas le dernier défi pour les systèmes de santé. Dans cette perspective, le Collège des médecins du Québec avait déjà émis en 2008 un énoncé de position sur Le médecin et les urgences sanitaires qui acquiert une nouvelle pertinence avec l’éclosion en cours.

Il n’est pas inutile de rappeler que si le SRAS avait causé beaucoup d’appréhension au Québec, aucun cas n’avait été observé. Il est plus que probable que ce soit la même chose avec le virus Ebola, d’autant plus que son mode de transmission est plus limité que celui du SRAS qui lui, se transmettait par voie respiratoire. C’est la mortalité de la maladie à virus Ebola qui fait peur, à juste titre.

Ici encore, la contagion de la peur sera plus importante que celle du virus. Ce n’est pas une raison pour ne pas se préparer, mais cette préparation doit se baser sur la science et les connaissances. À cet égard, l’Institut national de santé publique du Québec a produit des références de base pour comprendre le comportement de ce virus, son mode de transmission et les moyens de prévention en milieu de soins.

Il est probable que des directives spécifiques seront produites au cours des prochaines semaines pour guider les professionnels de la santé. Le Collège des médecins apportera sa collaboration pour diffuser ces informations et ainsi contribuer à réduire la transmission de la peur… et des virus.

Yves Robert M.D.
Secrétaire
Collège des médecins du Québec


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