11 FÉVRIER 2013

Mythes et réalités sur le rôle du Collège des médecins

Lettre ouverte aux médias
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Un récent sondage effectué auprès des Québécois révèle que ceux-ci méconnaissent la mission du Collège des médecins. On invoque parfois la mission de protection du public du Collège pour lui prêter des devoirs et des pouvoirs qu’il n’a pas, alors que sa juridiction se limite à l’évaluation de la qualité de l’exercice de ses membres en cabinet et en établissement de santé, au traitement des plaintes, à l’agrément des programmes de formation des médecins, à l’immatriculation des étudiants et des résidents en médecine et à l’émission des permis et des certificats de spécialistes. 
 
Le Collège des médecins est aussi parfois perçu comme étant à la source du problème d’accessibilité aux soins de santé alors que l’organisation des soins relève du ministère de la Santé et des Services sociaux. Plusieurs personnes pensent à tort que c’est le Collège des médecins qui, dans ses discussions avec le gouvernement il y a quelques années, a encouragé un faible taux d’inscription d’étudiants dans les facultés de médecine. Or, c’est tout le contraire! Il faut savoir que c’est le gouvernement, et non le Collège des médecins, qui détermine le nombre de postes autorisés et financés par le ministère de l’Enseignement supérieur. Au début des années 1990, le Collège des médecins a été l’unique organisation à dénoncer la diminution du nombre d’inscriptions en médecine, car nous craignions que cette coupure engendre une pénurie de main-d’œuvre médicale. Je souligne que, du même coup, le gouvernement avait mis sur pied un programme de mises à la retraite massives afin de réduire les dépenses. De l’avis du Collège, ces deux actions ont certainement accentué la difficulté d’avoir accès à un médecin de famille.

Par ailleurs, en dépit de certaines croyances, le Collège est ouvert à travailler avec les autres professionnels de la santé. C’est même à l’initiative du Collège qu’a été créé en 1994 le comité Bernier sur l’ouverture à l’interdisciplinarité dans le domaine de la santé. Cela s’est traduit par l’arrivée des infirmières praticiennes spécialisées (IPS) dont les IPS en soins de première ligne qui exercent notamment des activités liées à la prévention de la maladie et au traitement des patients présentant un problème de santé courant. Le Collège s’apprête aussi à créer un programme pour former des IPS en oncologie. De plus, nous avons récemment collaboré à accroître les activités exercées par les pharmaciens dans le cadre de leur champ d’exercice. Ceux-ci pourront sous peu exercer ces nouvelles activités.

Cela étant dit, nous demeurons très préoccupés par le problème d’accessibilité et nous continuerons de déployer des efforts, à notre mesure, pour que la situation s’améliore. Toutefois, le Collège n’a pas le pouvoir d’intervenir sur tous les enjeux liés à la santé et il ne faut pas nous prêter plus de pouvoir que nous n’en avons en réalité. Nos actions se concentrent principalement sur la qualité des soins et l’exercice professionnel des médecins. Soyez assurés que nous y veillons quotidiennement, pour le bien-être des patients.

Charles Bernard, M.D.
Président-directeur général
Collège des médecins du Québec