11 MAI 2016

Pourquoi promouvoir des stages en santé internationale?

Mot des vice-doyens du premier cycle
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Les facultés de médecine encouragent leurs étudiantes et étudiants à effectuer des stages en santé internationale. Ces stages réalisés au préexternat et à l’externat sont d’une grande richesse pour les futurs médecins car ils leur apportent une ouverture sur le monde et une meilleure connaissance d’eux-mêmes.

L’offre est généreuse, allant de stages organisés par la Fédération internationale des associations d’étudiants en médecine (IFMSA) à un programme de santé internationale proposé par les facultés, en passant par l’attribution de bourses ou de la mention Profil international sur le diplôme. Nos étudiants et étudiantes se montrent particulièrement enthousiastes à la possibilité de s’exposer à la réalité d’ailleurs. Au-delà du simple désir de voyager ou d’aller plus loin dans la connaissance de soi, les expériences en santé internationale représentent toujours un défi qu’ils se lancent à eux-mêmes. Appelés à sortir de leur zone de confort, ces futurs médecins doivent composer avec des milieux de vie et de subsistance souvent très éloignés de leur quotidien. Le contact avec la morbidité et la mortalité, dans un contexte culturel différent, permet d’apprivoiser l’expérience humaine dans toute sa diversité.

Préexternat

Durant la période du préexternat, les étudiants et étudiantes se voient offrir la possibilité d’un stage d’observation. S’ils peuvent parfois donner un coup de main, ils n’ont pas l’autorisation de prodiguer des actes médicaux. Bien que les ententes soient comprises et appliquées par les organismes encadrant nos stagiaires, il n’en demeure pas moins que la population locale a parfois de la difficulté à comprendre ces limites. Cette réalité est souvent une des premières différences organisationnelles auxquelles sont confrontés nos futurs externes, et elle concrétise à leurs yeux la distance parfois marquée entre notre système de santé et celui d’ailleurs. L’importance des mesures de santé publique en est une autre. Participer à la promotion du lavage des mains chez les enfants dans une communauté de la Bolivie, contribuer à un programme de prévention des accidents de moto en Afrique, mettre sur pied une ressource de sensibilisation au contrôle de la glycémie au Honduras sont autant d’exemples de l’implication de nos stagiaires dans une approche populationnelle.

L’expérience culturelle est une facette particulièrement importante de ces stages à l’étranger. Participer aux séances de yoga deux fois par jour en Inde, apprendre à assurer sa sécurité lors des déplacement en Chine, savoir se vêtir afin d’être mieux accepté par les populations locales, maîtriser les us et coutumes de la salutation au Sénégal, approcher le vécu, tellement marqué culturellement, de la grossesse et de l’accouchement aux quatre coins du globe donnent à nos étudiantes et étudiants la profondeur nécessaire pour voir de façon nouvelle, et parfois critique, notre propre réalité culturelle à leur retour.

Le retour signifie pour eux un nouveau défi. Passée l’adaptation affective inévitable dans ce genre d’aventure, reprendre leurs études, rédiger leur rapport de stage ou préparer leur présentation constituent souvent des préoccupations bien terre à terre. En effet, les stages reconnus par les facultés impliquent la production de travaux au retour afin de permettre à nos voyageurs de partager avec leurs collègues expériences et réflexions, et éventuellement, de leur transmettre le virus du désir de partir ailleurs à la rencontre d’eux-mêmes.

Externat

À l’externat, les stagiaires ont déjà plus de connaissances théoriques et pratiques. Ils réalisent de vrais stages d’externat en médecine générale dans les pays en voie de développement ou en voie d’émergence, et souvent en spécialité dans des pays de l’hémisphère Nord. Nos externes sont alors évalués selon les critères de stage habituels.

Pour que ces expériences soient une réussite, deux conditions doivent être respectées. Une préparation de qualité avant le départ, assurée par l’IFMSA ou par les facultés, et la mise en place d’un filet de sécurité par des partenaires déployés sur le terrain et des responsables dans les universités. Ainsi, nos stagiaires acquièrent les bases nécessaires à leur voyage tant sur le plan culturel que médical et administratif. En cas de pépin ou d’urgence, nous nous assurons de pouvoir les conseiller, les soutenir et faciliter leur retour au pays.

L’expérience en santé internationale est un des moyens à la disposition des facultés pour favoriser le développement affectif et humain de nos étudiantes et étudiants. Mais ce n’est pas le seul, et nous pouvons ici évoquer les stages en milieux autochtones et inuit, ou réalisés auprès de populations vulnérables dans nos villes, qui sont, avec la santé internationale, souvent regroupés sous le vocable de « santé mondiale ». En tant que responsables des programmes de doctorat en médecine au Québec, nous nous devons de soutenir le désir des étudiantes et étudiants de s’exposer à une réalité différente et d’encourager ainsi l’ouverture à l’autre, essentielle au rôle de soignant.

Beth-Ann Cummings, M.D.
Ève-Reine Gagné, M.D.
Geneviève Grégoire, M.D.
Jean-François Montreuil, M.D.