27 JUIN 2016

De la radiologie à l'imagerie : la bonne pratique d'abord et avant tout!

Par la Direction générale
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Dans le cadre de l’exercice de leurs activités, certains professionnels ont recours à des examens radiologiques. Outre les médecins, les professionnels autorisés à prescrire des examens radiologiques sont : les chiropraticiens, les dentistes, les infirmières praticiennes spécialisées*, les podiatres et les médecins vétérinaires.

Pour pouvoir prescrire un tel examen, les professionnels visés doivent être autorisés par une loi ou un règlement et ces examens radiologiques doivent s’inscrire dans leur champ d’exercice respectif. Ainsi, un podiatre ne pourrait prescrire une radiographie simple de l'abdomen, car il évalue et traite les affections et maladies du pied qui ne sont pas des maladies systémiques.

Le Collège des médecins est de plus en plus interpellé quant à l’encadrement de ces examens, et sur la nécessité de revoir l’interprétation donnée au libellé « examens radiologiques » comparativement au libellé plus actualisé d’« examens d’imagerie médicale », lequel comporte des examens plus diversifiés que les radiographies conventionnelles par rayon X.

La nécessaire évolution des pratiques

Les podiatres et les chiropraticiens, qui peuvent déterminer l'indication d’un traitement par examen clinique et radiologique, selon leur champ d'exercice respectif, requièrent dorénavant l’autorisation de prescrire des examens d’imagerie médicale.

Bien que des dispositions à même la Loi sur la chiropratique1 et la Loi sur la podiatrie2 permettent à ces professionnels de prescrire un examen radiologique, on constate que ces lois n’ont pas été révisées depuis nombre d’années. Cependant, l’intention du législateur, au cours des dernières années, témoigne d’une volonté de changement et de mise à jour des champs d’exercice des professionnels, avec l’objectif de permettre l’évolution des pratiques.

Force est de constater que l’avancement de la science et les progrès de la technologie ont eu des répercussions significatives sur la pratique radiologique, et que des examens par échographie et par tomodensitométrie sont dorénavant utiles pour déterminer l’indication d’un traitement.  

Préciser le traitement par le meilleur examen d’imagerie médicale

La terminologie qui référait jadis aux examens radiologiques est devenue indissociable de nos jours des examens offerts par l'imagerie médicale qui font appel notamment à des technologies en radiologie standard, radioscopie, tomographie par ordinateur, fluoroscopie, résonance magnétique, angiographie, échographie, mammographie et médecine nucléaire.

Ces avancées ont permis des améliorations dans la qualité des images, des réductions dans les rayonnements et un éventail plus large d'applications disponibles qui permettent d'obtenir un meilleur traitement, au bénéfice des patients.

En effet, contrairement à la radiographie, l’échographie n’utilise pas la radiation et n’a pas d’effet biologique pour le patient, représentant ainsi un risque de préjudice moins élevé auprès de la population. Elle permet aussi l’évaluation du patient en cours de mobilisation articulaire, et donc la comparaison avec l’autre membre du corps, ce qui peut réduire les risques de mauvaises interprétations.

En conséquence, le Collège des médecins du Québec considère que les termes « examen radiologique » doivent être interprétés dans le contexte médical actuel et qu’en ce sens, l’expression « imagerie médicale » correspond mieux à la réalité clinique et devrait dorénavant s’appliquer. Ce libellé a l’avantage d’offrir une interprétation plus large, de façon à permettre l'évolution sécuritaire des pratiques au sein des quelques professions autorisées. Ainsi, un chiropraticien ou un podiatre pourrait prescrire une échographie en lien avec son champ d'exercice, si cet examen d'imagerie médicale s’avère requis et approprié.

En conclusion, l’imagerie médicale témoigne de l’évolution des pratiques en plus d’offrir aux patients de meilleurs examens pour leur condition et leur protection. Ces principes s'inscrivent inévitablement dans l'obligation ultime de protection du public qui gouverne tous les ordres professionnels au Québec.
 

* Pour les infirmières praticiennes spécialisées en première ligne, une liste établie est prévue et couvre aussi les autres examens d'imagerie médicale. Pour les infirmières praticiennes spécialisées en néonatalogie, en néphrologie et en cardiologie, la prescription d'examens en imagerie médicale doit faire l’objet d’une règle de soins médicaux dans le centre hospitalier où elles exercent. Ainsi, il se pourrait que certains centres refusent de permettre à une infirmière praticienne spécialisée la prescription d’examens d’imagerie médicale.

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1  RLRQ, c. C-16, Art. 7
2 RLRQ, c. P-12, Art. 8