25 NOVEMBRE 2022

Résultats de la consultation sur la situation dans les urgences

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Vendredi dernier, nous lancions un coup de sonde auprès des médecins afin de connaître leur opinion sur la situation dans les urgences et le port du masque. Plus de 2000 d’entre eux (précisément 1081 médecins de famille et 1059 médecins d’autres spécialités, pour un total de 2140 personnes) nous ont répondu en quelques jours! Merci à tous ceux et celles qui ont participé à cette consultation.

Les résultats illustrent avec force ce que l’actualité nous rapporte au quotidien, et justifient la mise sur pied de la cellule de crise dont fait partie le Collège. On comprend que la situation actuelle génère énormément de stress chez les médecins. Fort heureusement, il existe des solutions, certaines novatrices, pour redonner des airs de normalité aux urgences.

Voici le portrait qui se dégage de notre consultation :

  • La plupart des répondants (83 %) travaillent en milieu hospitalier, à temps plein ou à temps partiel, et 30 % d’entre eux œuvrent principalement en salle d’urgence. Le tiers assume également des fonctions médico-administratives.
  • Presque à l’unanimité (98 %), les répondants sont préoccupés (beaucoup à 79 %; un peu à 19 %) par la situation actuelle dans les urgences. 
  • En très forte majorité (94 %), ils affirment que cette situation a des impacts dans leur milieu de travail (beaucoup à 68 %; un peu à 26 %).
  • Fait encore plus préoccupant, la situation actuelle provoque de la détresse chez 78 % des répondants. Les sources de stress principales sont la pénurie de personnel (33 %) et la pression générée par le nombre de patients (33 %).
  • Face à cette situation, bon nombre de médecins œuvrant aux urgences remettent en question leur engagement et certains songent même à cesser leur pratique dans ce secteur.

Des pistes de réflexion et de solutions en ressortent également :

  • Tout d’abord, les répondants pointent vers ces facteurs principaux pour expliquer le débordement et le temps d’attente dans les urgences : 
    • Difficultés à obtenir un lit d’hospitalisation après l’admission du patient (34 %)
    • Pénurie de personnel (26 %); 
    • Cas non prioritaires (P4 et P5) (18 %).
  • Parmi les mesures qui pourraient rétablir la situation, on mise principalement sur les suivantes :  
    • Développer ou optimiser des alternatives à l’hospitalisation, dont les cliniques de suivis/investigations rapides (36 %);
    • Accélérer la sortie des patients ne requérant plus de soins (27 %).
  • Pour donner un congé plus rapidement à l’urgence ou lors d’une hospitalisation, les solutions suivantes sont privilégiées: 
    • Meilleur soutien à domicile, dans une approche préventive (28 %);
    • Cliniques de suivis accessibles après le congé de l’hôpital, avec soutien clérical pour les tests ou des investigations en externe (26 %);
    • Implication plus rapide des ressources professionnelles (physiothérapeute, ergothérapeute, travailleur social, infirmière de liaison/gériatrique) pendant l’épisode de soins (24 %).
Et le masque

Finalement, sur la question du port du masque, plus de 70 % des répondants le portent hors de leur milieu de travail, toujours ou occasionnellement, principalement dans les lieux publics et les transports en commun. D’ailleurs, plus de la moitié des répondants (53 %) estime que le port du masque n’est pas suffisamment encouragé au sein de la population. 

Après les discussions, les solutions 

Les réponses recueillies dans le cadre de cette consultation nous confirment qu’il faut agir vite. Un mois après la création de la cellule de crise du ministre Dubé, l’heure est venue à une collaboration entre cette cellule de crise et l’appareil gouvernemental afin de mettre en œuvre des solutions réalistes, applicables sur le terrain. 

Les solutions proposées par cette cellule sortent sans doute de l’ordinaire. Elles nécessiteront du courage pour faire différemment. Mais nous sommes montés à bord parce que nous croyons qu’il en va maintenant de la santé et de la sécurité des patients et du personnel soignant dans certaines urgences. Pour le Collège, la priorité demeure que tous les patients aient accès à des soins de qualité, requis par leur état de santé, en temps opportun, en plus d’assurer des conditions de pratique acceptables et sécuritaires aux équipes soignantes. Ces dernières avouent être souvent dépassées et craindre le risque d’erreur. 

À ce stade-ci, le statu quo n’est pas une option. Il faut oser des solutions qui appellent à ce que tous les services et départements d’un établissement contribuent à redonner leur normalité aux urgences.