16 OCTOBRE 2013

Les soins de fin de vie : mise au point sur la position du Collège

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Au cours des dernières semaines, le Collège des médecins et plusieurs organisations ont présenté leurs mémoires en commission parlementaire sur le projet de loi 52 concernant les soins de fin de vie. Nous suivons avec intérêt le débat et nous sommes à l’écoute des opinions exprimées par les médecins, les citoyens et les différentes instances à ce sujet. À la suite de certains commentaires reçus au Collège ou repris par  les médias, il m’apparaît nécessaire d’apporter quelques précisions sur la position du Collège.

Il est clair pour le Collège qu’il faut surtout investir pour améliorer l’accessibilité aux soins palliatifs et que l’aide médicale à mourir doit rester une intervention réservée à des situations cliniques exceptionnellement difficiles. Depuis le début, nous pensons que seule une personne atteinte d’une maladie grave et incurable, qui éprouve des souffrances constantes et difficiles à soulager et dont la mort est inéluctable et plus ou moins imminente devrait être éligible à ce soin de dernier recours. C’est pourquoi notre mémoire suggère d’exiger que la personne soit non seulement en fin de vie, mais en phase terminale. Selon nous, ces critères médicaux limitent considérablement le nombre de patients qui pourraient non seulement faire une demande d’aide médicale à mourir, mais l’obtenir.

Nous comprenons très bien que le législateur veuille, pour sa part, limiter l’accès aux seules personnes aptes et majeures qui répondent aux autres critères. Toutefois, nous savons très bien que lorsque les critères médicaux sont satisfaits, les personnes sont souvent devenues inaptes à consentir aux soins. Nous savons aussi que des patients inaptes de longue date peuvent souffrir des mêmes conditions. Faut-il, pour les protéger, priver ces personnes d’un nouveau droit? Le Collège aborde la question dans son mémoire et propose des pistes de solutions afin de s’assurer du respect de la volonté des patients et de la protection des personnes vulnérables. Je vous invite à consulter la section du mémoire concernant plus précisément les directives anticipées et le consentement substitué.

Enfin, je tiens à préciser que le Collège des médecins n’entend aucunement obliger les médecins à agir à l’encontre de leurs convictions personnelles sur le sujet. Au contraire, nous saluons dans notre mémoire les dispositions prévues dans le projet de loi pour protéger et respecter l’objection de conscience des médecins.

J’espère que ces précisions seront utiles pour la suite du débat. Le sujet demeure complexe et sensible. Aussi, nous vous invitons à continuer de partager vos commentaires avec nous.

Yves Robert, M.D.
Secrétaire
Collège des médecins du Québec