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COVID-19: Entre le devoir de soigner et celui de se protéger

Éditorial du président
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Dr Mauril Gaudreault, président du Collège des médecins du QuébecÀ l’instar d’autres pays du monde, le Québec est présentement confronté à une urgence sanitaire sans précédent, d’une ampleur qui n’a pas été vue depuis des décennies. Tout le personnel soignant fait face à un défi majeur : offrir les services dont la population a besoin tout en respectant les consignes visant à réduire la transmission du virus.   

Les directives du gouvernement sont claires quant aux mesures d’isolement préconisées. Celles-ci n’épargnent pas les professionnels de la santé, notamment les médecins. Bien que ces mesures aient pour effet de réduire les effectifs sur le terrain et d’augmenter la charge de travail d’autres collègues du réseau de la santé, elles sont nécessaires. Les prochaines semaines seront exigeantes, mais il est possible de contrôler cette pandémie, comme cela se fait actuellement dans d’autres régions du monde. 

Plus que jamais, le médecin est tenu d’honorer un devoir de disponibilité en offrant ses services à la population. Toutefois, ce devoir ne devrait jamais l’inciter à agir de façon irréfléchie ni au détriment des règles de protection et de prévention qui s’appliquent à tous les citoyens.

Réciproquement, l’État a un devoir équivalent de déployer tous les moyens nécessaires pour protéger le personnel soignant.

La population a aussi une responsabilité importante, celle de respecter les mesures de précaution édictées par le gouvernement, de faire une utilisation pertinente des services de santé et de faire preuve de franchise et d’honnêteté envers les professionnels de la santé et les autres citoyens.

Le Collège des médecins du Québec participe à l’effort collectif. Nous avons posé, au cours des derniers jours, des actions concrètes pour améliorer l’accès aux soins. Nous avons notamment autorisé les infirmières à utiliser les ordonnances collectives pour signer un arrêt de travail lié à la COVID-19. Nous avons également convenu, avec l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, qu’il fallait lever la nécessité réglementaire pour les infirmières praticiennes spécialisées (IPS) de conclure une entente de partenariat écrite avec un médecin partenaire. Cette décision a été prise afin d’éviter que des procédures administratives viennent entraver le bon déroulement des interventions sur le terrain. 

Nous sommes prêts à envisager toutes les solutions possibles pour favoriser l’accès aux soins de santé, en collaboration avec le ministère de la Santé et des Services sociaux et les autres ordres professionnels en santé. 

Par ailleurs, nous sommes à revoir l’organisation de nos services et vous tiendrons informés des mesures additionnelles qui seront prises au Collège pour protéger le public, les médecins et nos employés. 

La solidarité humaine est notre principale arme de combat contre cette menace collective, et la communauté médicale jouera son rôle de façon engagée et responsable, comme elle l’a toujours fait.

Je tiens à remercier tous les médecins ainsi que l’ensemble du personnel soignant du Québec. Votre dévouement est essentiel et remarquable dans ce contexte exceptionnel.

Mauril Gaudreault M.D.
Président
Collège des médecins du Québec

Dernière mise à jour : 15 mars 2020