Directives pour le traitement accéléré des partenaires de personnes atteintes d’infections à Chlamydia trachomatis ou à Neisseria gonorrhoeae

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Le Collège souhaite informer ses membres des balises et des orientations pour l’intégration du traitement accéléré des partenaires (TAP) dans leur pratique. En vertu du Règlement sur certaines activités professionnelles qui peuvent être exercées par une infirmière et un infirmier, les infirmières et infirmiers du Québec sont également visés par ces modalités d’utilisation du TAP. 

Le TAP… pour qui et pourquoi?

Le dépistage et le traitement des partenaires sexuels sont des éléments importants pour prévenir la réinfection de la personne atteinte, la survenue de complications d'une infection non traitée chez la personne exposée et la propagation de l'infection au sein de la population.  

Lorsqu'ils détectent une infection à Chlamydia trachomatis (CT) ou à Neisseria gonorrhoeae (NG), les cliniciens doivent soutenir la personne atteinte afin qu'elle avise ses partenaires et qu’elle les encourage à consulter un médecin ou une infirmière. Il est effectivement souhaitable que les partenaires reçoivent l'ensemble des interventions préventives (évaluation clinique, dépistage des ITSS, traitement épidémiologique, vaccination au besoin, counseling préventif, etc.) recommandées dans cette situation. 

Cependant, lorsque la personne atteinte de CT ou de NG estime que son partenaire n'ira vraisemblablement pas consulter, le TAP peut être envisagé. Celui-ci permet que le partenaire soit traité sans avoir vu un médecin ou une infirmière. 

MISE EN GARDE

La décision de recourir au TAP requiert une analyse judicieuse des avantages et des inconvénients selon le type d’infection en cause, la nature du traitement recommandé et les caractéristiques connues du partenaire (ex. : femme enceinte). Un aide-mémoire a été développé pour définir la bonne pratique dans l’utilisation du TAP. 

Le TAP doit donc demeurer une mesure d’exception, puisqu’une consultation initiale auprès d’un médecin ou d’une infirmière est toujours encouragée pour obtenir les meilleurs soins préventifs possibles.

Quels codes utiliser?

Pour le traitement d’une personne chez qui il a détecté une ITSS, le clinicien doit continuer d’indiquer le code K sur l’ordonnance.

Lorsqu’il voit en consultation le partenaire d’une personne atteinte d’une ITSS, le clinicien indiquera le code L sur l’ordonnance. 

Dans le contexte d’un TAP (où l’ordonnance vise un partenaire qui n’a pas été vu en consultation), le clinicien devra alors utiliser le code M, de manière à en informer le pharmacien, qui pourra ainsi offrir à ce partenaire une intervention spécifique. Un aide-mémoire a été développé pour soutenir l’intervention du pharmacien.

Ces codes donnent également accès au Programme de gratuité des médicaments pour le traitement des ITSS.

Quelles sont les règles de tenue de dossiers concernant l’utilisation du TAP?

Il est à noter qu’il n’est désormais plus obligatoire pour le médecin d’ouvrir un dossier au nom du partenaire qu’il n’aura pas vu. Cette nouvelle directive remplace l’avis émis par le Collège en 20081.

Outre les informations pertinentes à documenter lors de toute consultation médicale2, des mesures spécifiques au TAP doivent cependant être prises en compte dans la rédaction du dossier de la personne atteinte :

Inscrire toutes les informations pertinentes pour soutenir la décision d’utiliser le TAP, y compris les conditions à respecter et les contre-indications à rechercher;
Documenter les éléments du consentement libre et éclairé, notamment les avantages et les inconvénients de recourir au TAP par rapport aux autres approches de notification du partenaire; 
Consigner au dossier :
  • le fait que de la documentation a été remise à la personne atteinte (brochure);
  • le fait qu’une ou plusieurs ordonnances à l’intention de chaque partenaire ont également été remises à la personne atteinte;
  • le nombre d’ordonnances émises, correspondant au nombre de partenaires visés par le TAP;
  • le contenu des ordonnances émises à la personne atteinte et au partenaire : nom de la personne, nom de la molécule, posologie, durée d’utilisation ou quantité, etc. 

Chaque ordonnance destinée à un partenaire sera accompagnée d’une carte de notification Chlamydia ou gonorrhée, qui lui fournit de l’information sur l’infection potentielle et les mesures à prendre.

L'ordonnance destinée à un partenaire doit être nominative et rédigée selon le Règlement sur les normes relatives aux ordonnances faites par un médecin.

Des questions? 

Pour des questions portant sur les rôles des différents acteurs, la rédaction de l’ordonnance, la tenue de dossiers ou pour toute autre interrogation de nature légale ou déontologique, le médecin peut communiquer avec le Centre d’information du Collège, au 514 933-4787.

Pour des questions portant sur les interventions préventives auprès des personnes atteintes et de leurs partenaires, le médecin est invité à contacter sa direction de santé publique.

Consultez également la foire aux questions sur l’Espace ITSS de l’INSPQ.

Formation continue

L’INSPQ offrira un webinaire sur le TAP au début de février 2020. Consultez leur site Web au cours des prochains mois pour tous les détails.

Pour en savoir plus

Traitement accéléré des partenaires pour les infections à Chlamydia trachomatis et à Neisseria gonorrhoeae, Avis scientifique (INSPQ, 2018)                 
Avis conjoint sur le TAP (CMQ-OIIQ-INSPQ-MSSS) 

1 Revue Le Collège , vol. 48, no 4, automne 2008, p. 11.
Dernière mise à jour : 5 décembre 2019