Pandémie : Le Collège poursuit l’ensemble de ses activités en mode télétravail. Bien que l’accès à nos bureaux demeure fermé jusqu’au mois de septembre, notre réceptionniste est disponible de 8 h à 12 h et de 13 h 15 à 16 h 30 du lundi au jeudi ainsi que le vendredi de 8 h à 12 h pour recevoir vos appels. Suivez notre fil d’actualité sur la COVID-19 pour en savoir davantage.

Fiche de prévention clinique - Adultes

Mise à jour
PARTAGER

Très appréciée de plusieurs professionnels de la santé, la fiche de prévention clinique ciblant les adultes a été mise à jour. En un coup d’œil, cet outil pratique fournit, dans un langage clair et concis, un résumé des mesures de prévention clinique recommandées par le directeur national de santé publique. Ces mesures sont regroupées en catégories faciles à retenir et couvrent les thèmes les plus pertinents pour favoriser des gains de santé dans l’ensemble de la population. 

Validées à la lumière des données probantes1, les recommandations contenues dans cette fiche sont détaillées dans le Guide des bonnes pratiques en prévention clinique (GBPPC). 

Le jugement du clinicien, élément central de l’approche préventive 

Le contenu de cette fiche cible une population générale asymptomatique à faibles risques. Or, le Collège tient à rappeler à ses membres l’importance d’appliquer l’ensemble des recommandations avec discernement et de recourir au jugement clinique en tout temps. Avant toute chose, le médecin doit évaluer le patient et rechercher chez lui la présence de symptômes, de signes cliniques ou de facteurs de risque particuliers qui pourraient modifier le sens, la nature ou la fréquence d’une intervention proposée, qu’il s’agisse de dépistage, de counseling, d’immunisation ou de prophylaxie. 

Le clinicien doit justifier dans la note médicale toute intervention qui serait contraire aux recommandations proposées dans cette fiche, afin de soutenir sa décision qui, dans certaines situations, pourrait se révéler appropriée, selon le contexte. 

Quelques précisions 

Les mesures préventives répertoriées dans cette fiche sont celles qui peuvent générer les gains de santé les plus importants pour la population, dans une perspective de vivre plus longtemps et en santé. C’est pourquoi certains sujets d’actualité comme la consommation de cannabis, les atteintes cognitives et bien d’autres n’y sont pas encore couverts, faute de données probantes permettant pour l’instant d’énoncer une recommandation qui puisse générer des gains de santé significatifs. Ainsi, il appartient au clinicien de faire preuve de prudence et de s’en remettre à son bon jugement lorsqu’il est appelé à se prononcer sur ces questions. 

Ostéoporose

Le dépistage de l’ostéoporose n’a pas été retenu dans le GBPPC en raison de sources scientifiques limitées, de l’absence de données récentes sur le sujet et d’un manque de preuves pour considérer cette mesure significative à l’échelle de la population. Cependant, à la lumière de l’opinion d’experts et en considérant les répercussions qu’entraîne une fracture pathologique chez une population à risque élevé de développer une perte de la masse osseuse, le Collège a choisi d’inclure ce thème dans sa fiche. Les recommandations serviront davantage à cibler les patients à très haut risque de présenter une ostéoporose fracturaire, jusque-là passée inaperçue, et à déterminer, en vue d’un possible traitement, le risque de fracture de fragilisation au cours des dix prochaines années2

Dyslipidémie

En ce qui a trait au dépistage de la dyslipidémie, le directeur national de santé publique privilégie les recommandations de l’INESSS, appuyées sur une analyse indépendante et systématique des données probantes, et adaptées à la réalité québécoise. Le Collège encourage ses membres à s’y conformer, tout en reconnaissant la validité des recommandations d’autres sociétés savantes, comme celles de la Société canadienne de cardiologie. 

Diabète de type 2

Enfin, le dépistage du diabète de type 2 repose sur le questionnaire FINDRISK, en tant que calculateur de risques, afin de déterminer l’âge auquel il est pertinent de commencer à évaluer la glycémie.  Ce test a été validé également pour les patients âgés de moins de 40 ans, contrairement au calculateur CANRISK, auquel se réfère la Société canadienne du diabète. 

Un changement d’approche clinique

La notion de prévention clinique a évolué au cours des années. Chez les adultes, par exemple, il n’est plus question aujourd’hui ni de l’examen annuel, ni de l’examen préventif, ni de l’examen médical périodique (EMP)3; il convient plutôt désormais de parler d’une approche clinique préventive. Pourquoi ce changement?

D’une part, le terme examen pouvait laisser entendre que la prévention nécessitait un examen physique, sans prendre en considération l’importance pour le patient d’être proactif en adoptant des comportements sécuritaires et de saines habitudes de vie.  

D’autre part, l’adjectif annuel imposait un cadre temporel qui contraignait le médecin à intervenir à des moments spécifiques, parfois au détriment d’autres interventions. Or, comme le montrent les recommandations contenues dans la fiche, certains volets de la prévention clinique n’ont pas nécessairement à être abordés chaque année. 

Ensuite, l’EMP, qui représentait pour plusieurs intervenants une évaluation exhaustive du patient, à un moment précis, voire unique, n’était pas forcément intégré aux autres interventions cliniques existantes pour le patient, et ne tenait pas toujours compte de son état de santé global. En outre, cette approche avait pour effet de surcharger l’agenda du médecin, qui devait parfois procéder à une batterie de tests de routine, dont les niveaux de preuve variaient beaucoup. 

Finalement, l’adjectif médical, contenu dans l’expression EMP, pouvait donner l’impression que la prévention reposait essentiellement sur un acte posé par un médecin, alors que la promotion de la santé doit être optimisée grâce à la collaboration interprofessionnelle. 

Les données évoluent, le jugement clinique demeure

En conclusion, rappelons que l’évolution de la pratique clinique, l’avancement de la recherche et la publication de nouvelles données probantes vont nécessairement imposer des mises à jour périodiques de la fiche de prévention clinique. Dans l’intervalle, comme en tout temps, le discernement et le jugement du professionnel de la santé sont toujours de mise. 

1 Provenant des travaux du Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs (GECSSP), de l’Institut national de santé publique (INSPQ) et de l’Institut d’excellence en santé et services sociaux (INESSS).
2 Ce risque peut être évalué à l’aide de l’outil FRAX notamment, et ce, avant même de recourir à une mesure de la densité osseuse au moyen d’une imagerie (ostéodensitométrie). L’ostéodensitométrie a longtemps été considérée comme le seul test à prescrire pour établir la présence ou non d’une ostéopénie ou d’une ostéoporose, selon le score T obtenu; elle doit désormais être utilisée comme une mesure parmi d’autres qui aident à évaluer la santé osseuse, et non comme une finalité diagnostique.
3 Il est à noter que le guide sur l’EMP a été retiré de notre site Web en février 2015.
Dernière mise à jour : 29 mai 2020