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Un bilan rassurant de la pratique de la médecine reproductive au Québec

Le Collège diffuse un rapport global sur les soins de procréation médicalement assistée
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Le Collège des médecins du Québec s’est vu confier des obligations spécifiques1 en matière de procréation médicalement assistée (PMA), notamment celle de veiller à l’application des normes en vigueur. En conséquence, le groupe de travail sur les activités de procréation médicalement assistée a mis en place des activités d’évaluation par indicateurs, en fonction des niveaux de soins de PMA établis pour chaque milieu.

Objectifs de l’évaluation
  • Établir un portrait global des pratiques en matière de PMA au Québec, incluant l’insémination intra-utérine et la fécondation in vitro (FIV).
  • Réaliser une rétroaction personnalisée pour chacun des milieux offrant des soins de PMA afin que les équipes puissent comparer leur profil de pratique, d’une part à celui des centres de même niveau de soins, et d’autre part à celui de l’ensemble des centres du Québec.
  • Favoriser le rehaussement de la qualité des soins de PMA et l’amélioration des pratiques professionnelles.
Faits saillants 

Grâce aux données globales et comparatives compilées pour l’année 2016, il est possible de dégager plusieurs constats.

Insémination intra-uterine
Données déclarées pour l’année 2016 pour l’ensemble des milieux
16 000 Il s’agit du nombre d’inséminations intra-utérines, la majorité provenant du sperme du conjoint.
7,5 % C’est le taux estimé de grossesses après insémination, tous âges confondus. Ce taux est comparable aux données disponibles dans la littérature.
84 %  Il s’agit du pourcentage d’inséminations réalisées avec agent de stimulation.
6,3 % C’est le pourcentage de grossesses gémellaires ou multiples (3 bébés ou plus). Ce taux est faible, compte tenu du recours fréquent à la stimulation.
41 ans  C’est l’âge à partir duquel le taux de grossesses cliniques par insémination se met à diminuer de façon plus marquée.
Fécondation in vitro (FIV sans don)
Données déclarées pour l’année 2016 pour l’ensemble des milieux
4 595 C’est le nombre total de transferts d’embryons répertoriés. En effet, près de 2 600 cycles de FIV avec embryons frais ont été initiés, lesquels ont donné lieu à 1 595 transferts. De plus, 3 000 transferts d’embryons congelés ont été répertoriés.
6 % C’est le pourcentage de transferts, réalisés chez les femmes âgées de moins de 35 ans, qui comportaient deux embryons frais.
12 % C’est le pourcentage de transferts, réalisés chez les femmes âgées de 35 à 37 ans, qui comportaient deux embryons frais. Il est utile de rappeler qu’une disposition légale interdit le transfert de plus d’un embryon pour les femmes de moins de 37 ans.
33 % Il s’agit du taux estimé de grossesses cliniques par transfert après une FIV avec embryons frais (sans don), tous âges confondus. Ce taux est estimé à 30 % pour une FIV avec embryons congelés.
 6 % C’est le taux de grossesses gémellaires. Celui-ci se compare avantageusement aux taux plus élevés retrouvés dans le reste du Canada. Aucune grossesse multiple (3 bébés ou plus) issue de la FIV n’a été déclarée au Québec.
29 % C’est le taux estimé de naissances vivantes par transfert après une FIV avec embryons frais (sans don), tous âges confondus. Ce taux est estimé à 25 % après une FIV avec embryons congelés.
1,1 % Il s’agit du pourcentage de cas présentant des complications liées aux soins de FIV. Celles-ci sont rares, la plus fréquente étant le syndrome d’hyperstimulation ovarienne.
43 ans C’est l’âge à partir duquel le taux de naissances vivantes diminue de façon plus marquée.
Collaborer pour améliorer la pratique

En mettant en commun l’ensemble des données de tous les milieux dans lesquels se pratiquent des soins de PMA, il est possible de faire émerger des stratégies afin d’améliorer la qualité des soins. 

  • Créer des registres de données fiables, tant pour l’insémination que pour la FIV, selon les indicateurs proposés (âge, issue des traitements, complications, etc.) dans tous les milieux.
  • Utiliser les documents de référence et les guides d’exercice pour renforcer les bonnes pratiques.
  • Évaluer en équipe les cas qui soulèvent des enjeux cliniques ou éthiques afin de dégager un consensus quant au plan thérapeutique.
  • Respecter les conditions et normes relatives au nombre d’embryons pouvant être transférés. 
  • Procéder à une démarche clinique selon un processus décisionnel qui tient compte de la recevabilité du projet parental, l’évaluation des risques, l’estimation des chances de grossesse et de naissance vivante, de même que le bien-être de l’enfant à naître.

L’envoi personnalisé d’un rapport comparatif à chacun des milieux a permis d’adresser des remarques plus particulières à certains d’entre eux.

Un bilan rassurant

Le mandat confié au Collège visait à s’assurer de l’application des normes de pratique en matière de médecine reproductive. À cet égard, le bilan se veut rassurant. Le Québec se démarque avantageusement pour certains indicateurs, notamment pour le nombre d’embryons transférés et pour le taux de grossesses gémellaires et multiples. 

La rétroaction permet aux milieux de comparer leurs pratiques à celles des autres milieux de la province. Le Collège tient à remercier tous les milieux qui se sont mobilisés pour participer aux recensements des données, reconnaissant le bien-fondé de l’auto-évaluation et son impact sur l’amélioration de leur pratique. 

Enfin, la qualité des soins offerts en médecine reproductive n’est pas uniquement l’affaire des professionnels des milieux de PMA. Ces constats doivent interpeller également les médecins de première ligne, car ils ont un rôle primordial à jouer dans le continuum de soins. De reconnaître que différentes techniques n’apportent pas les résultats escomptés procure au médecin des renseignements utiles pour qu’il puisse orienter la femme (ou le couple) vers un milieu capable de maximiser les chances de réalisation du projet parental.

Consultez ici le rapport complet des données globales et comparatives sur les activités liées à la médecine reproductive au Québec (sous forme de présentation)
À consulter également
1 Loi sur les activités cliniques et de recherche en matière de procréation assistée, art. 10.

Dernière mise à jour : 9 juin 2020