Commentaires du Collège des médecins du Québec sur les propositions de l’Ordre des pharmaciens du Québec

3 mars 2010

Le Collège des médecins du Québec souhaite apporter des précisions quant aux propositions formulées hier par l’Ordre des pharmaciens du Québec.

Mise au point sur les solutions proposées par l’Ordre des pharmaciens du Québec.

1. Permettre aux pharmaciens du Québec de prolonger l’ordonnance d’un patient afin d’éviter une interruption de traitement

Il a été convenu, il y a plus d’une dizaine d’années, entre le Collège des médecins du Québec et l’Ordre des pharmaciens du Québec, que les ordonnances d’un médecin décédé ou retraité pourraient être renouvelées pour une période de trois mois. Considérant la pénurie d’effectifs, dès 2004 le Collège des médecins était d’avis que les médecins devraient dorénavant ajuster leur façon de faire en rédigeant des ordonnances qui seraient valides pour 18 à 24 mois pour des patients dont la condition nécessitant une médication est stable et qui sont compliants dans la prise de leurs médicaments. La prolongation d’ordonnances existe donc déjà.

2. Mettre plus étroitement à contribution les pharmaciens dans l’ajustement de la thérapie médicamenteuse

Le pharmacien n’a pas la formation pour réaliser l’évaluation qu’un médecin peut et doit faire ou celle qu’une infirmière est en mesure d’accomplir à la suite de sa formation.

Le contexte de l’ajustement d’un médicament ou de l’ajustement de la thérapie médicamenteuse est actuellement l’objet d’un contentieux entre l’Ordre des pharmaciens, le Collège des médecins, l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec.

 L’Ordre des pharmaciens devrait offrir une meilleure ouverture aux infirmières à ce sujet, car ce sont elles qui sont les plus proches du malade, avec le médecin.

3. Faire en sorte que les pharmaciens puissent amorcer des médicaments pour aider les patients à arrêter de fumer

Il s’agit là d’un faux problème. En effet, les médicaments disponibles dans le cadre de la thérapie de remplacement de la nicotine, qu’il s’agisse des gommes ou des timbres, sont en vente libre. Une personne peut se les procurer sans ordonnance.

Cependant, pour qu’un pharmacien puisse obtenir le remboursement du produit et des honoraires qui y sont associés, lorsqu’une personne, bénéficiaire du régime public d’assurance médicament, désire obtenir cette thérapie de remplacement de la nicotine, la Régie de l’assurance maladie du Québec, l’organisme payeur, exige une ordonnance d’un médecin. Il s’agit d’une condition imposée par la Régie de l’assurance maladie du Québec. Les honoraires reliés devraient être abolis ou, à tout le moins réduits. Plusieurs autres produits, tels le traitement de la pédiculose sont soumis à la même dynamique qui relève de contrôles administratifs de la part d’organismes payeurs, que ce soit la Régie de l’assurance maladie du Québec ou les compagnies d’assurance privées, suffisamment généreuses pour rembourser au bénéficiaire les coûts de ces produits.

En terminant, le triumvirat médecins, infirmières, pharmaciens est très important pour le patient. Avec l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, nous demandons plus d’ouverture de l’Ordre des pharmaciens face aux infirmières.

Le Collège des médecins du Québec est l’ordre professionnel des médecins québécois. Sa mission est de promouvoir une médecine de qualité pour protéger la population et contribuer à l’amélioration de la santé des Québécois.

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Renseignements : Mme Leslie Labranche
Coordonnatrice aux relations publiques
Collège des médecins du Québec
Ligne médias : 514 933-4179
Cellulaire: 514 915-2170

 
 

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