10 OCTOBRE 2013

Le Collège dit non à l’émission de « certificats de virginité »

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Récemment, la journaliste Katia Gagnon publiait dans La Presse un article sur le fait que des familles avaient demandé à des médecins qu’ils émettent un « certificat de virginité » pour l’une des leurs. D’entrée de jeu, le Collège estime que les médecins devraient s’abstenir de délivrer ces certificats, voire de procéder à un examen gynécologique pour répondre à de telles demandes.

En procédant à l’examen et en rédigeant un tel document, le médecin pourrait enfreindre de nombreux articles du Code de déontologie des médecins liés :

–  à l’exercice professionnel selon des bases scientifiques (articles 6, 44 et 45);

–  à l’obtention d’un consentement libre et éclairé;

–  au secret professionnel;

– à l’inscription de données erronées et à l’émission de certificats de complaisance (articles 84 et 85).

Toutefois, je crois qu’il serait mal avisé de la part du médecin de limiter son intervention à ce simple refus, sans tenir compte du contexte culturel et familial dans lequel s’inscrit la requête. Face à une demande de cette nature, le médecin peut proposer des ressources, et doit faire preuve de vigilance car il en va parfois de la sécurité des personnes concernées qui peuvent se retrouver sous pression.

Je comprends que la tentation de donner un  « certificat de virginité » peut provenir d’une bonne intention pour éviter les conflits familiaux. Mais pour le médecin, ces demandes peuvent représenter une occasion à saisir pour amorcer le dialogue.

Le Code de déontologie est clair : « Le médecin doit s’abstenir d’intervenir dans les affaires personnelles du patient sur des sujets qui ne relèvent pas du domaine de la santé » (article 25). Toutefois, en expliquant sa position et pourquoi il refuse d’émettre un « certificat de virginité », le médecin doit nécessairement mentionner le fait que cette question ne relève pas vraiment du domaine de la santé. Cette discussion peut constituer, pour le médecin comme pour les patientes et leurs proches, une première prise de conscience à l’égard des différences culturelles.

Charles Bernard, M.D.
Président-directeur général
Collège des médecins du Québec