JANUARY 7, 2022

Collectivement faire mieux et plus vite

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Cette nouvelle année débute malheureusement comme a pris fin la dernière et celle d’avant. Délestage, couvre-feu, pénurie de personnel, réseau de la santé poussé à ses limites sont notre réalité depuis deux ans maintenant.

C’est dans ce contexte trouble et incertain que nous vous offrons nos vœux sincères d’un retour à une vie plus normale. Nous savons que c’est le souhait le plus cher des 29 000 médecins et résidents du Québec. 

La situation que nous vivons en ce début d’année est critique et elle le sera encore davantage au cours des prochaines semaines : le nombre de cas sera en hausse, les hospitalisations aussi, de même que le délestage de chirurgies et d'autres soins sans cesse repoussés. C’est pourquoi nous devons faire mieux et plus vite pour vacciner la population et élargir la portée du passeport vaccinal, alors que l’INESSS projette plus de 3 000 hospitalisations dans les semaines à venir, dont 400 aux soins intensifs, et que le réseau a perdu 20 000 de ses travailleurs. Il faut aussi tenir compte de l’état précaire de celles et ceux qui sont encore sur les lignes de combat. 

Accélérer la cadence!

Nous enjoignons aujourd’hui au gouvernement d’accélérer la cadence pour mettre en place les mesures permettant de limiter le nombre de contacts avec les personnes non vaccinées. L’élargissement annoncé du passeport vaccinal, pour lequel la 3e dose sera bientôt exigée, doit se faire plus rapidement et couvrir un vaste ensemble de commerces et de lieux publics pour en limiter l’accès aux gens adéquatement protégés.

C’est dans cette mesure que réside l’équité entre personnes vaccinées et non vaccinées. Car la population vaccinée ne peut plus souffrir en silence les contraintes des mesures sanitaires pendant que les personnes non vaccinées occupent un lit sur deux en courte durée et la majorité des lits aux soins intensifs, et que la surcharge des hospitalisations et le délestage privent des milliers et des milliers de patients d’une intervention chirurgicale sans cesse repoussée, détériorant davantage dans certains cas leur état de santé.  

La communauté des professionnels de la santé s’est mobilisée dans un temps record le printemps dernier pour réussir la première campagne de vaccination massive. Il faut recommencer, maintenant. Et la volonté y est : pendant le congé des Fêtes, une cinquantaine de médecins retraités ont contacté le Collège et rétabli sur-le-champ leur statut de membre actif pour joindre les rangs des vaccinateurs. Nous invitons d’ailleurs tous les médecins et résidents touchés par le délestage en cours dans les hôpitaux à se porter volontaires. 

Une communication plus efficace

À ces deux actions prioritaires pour limiter les impacts d’Omicron, s’ajoute le besoin d’une communication plus transparente et cohérente auprès de la population. Les messages portant sur le dépistage, les tests rapides ou l’isolement sèment actuellement la confusion. 

De plus, lors des conférences de presse gouvernementales, on doit s’attendre à ce que soient annoncées toutes les mesures touchant directement la population, qui ne doit plus les apprendre dans les médias le lendemain. Cela nuit actuellement à la cohésion et à la confiance.

On ne peut prédire avec exactitude ce que 2022 nous réserve, mais on peut tenir pour acquis que les médecins et résidents continueront, avec les données fournies par la science, à se battre contre les variants, peu importe leur nom et leur virulence, et qu'ils continueront de soigner les Québécoises et Québécois, en toutes circonstances. 

Souhaitons-nous alors, à nouveau, un retour à une vie plus normale.  


Mauril Gaudreault, M.D.