Dossiers à venir en 2026
Lisez le mot du président du 16 janvier 2026
Cela dit, je souhaite que la nouvelle année soit porteuse de paix, d’espoir et de santé pour chacune et chacun d’entre vous!
Au Collège, les projets sont déjà nombreux et la table de travail, bien remplie. L’écoute, le dialogue et la collaboration avec le public et les médecins seront le fil conducteur de nos actions tout au long de l’année, et plus particulièrement dans les 7 dossiers prioritaires qui nous mobilisent dès à présent. En voici un tour d’horizon!
1- Lutte contre l’itinérance : unir nos efforts
En forte croissance au Québec, l’itinérance constitue une crise majeure de santé publique, étroitement liée aux enjeux de toxicomanie et à de nombreux problèmes de santé physique et mentale. Devant une situation aussi complexe, aucune solution ne peut être envisagée sans une mobilisation de l’ensemble des acteurs sociaux, dont les médecins. C’est dans cet esprit que le Collège mettra sur pied un groupe de travail afin d’approfondir la réflexion et surtout de dégager des pistes de solutions concrètes pour mieux soutenir les personnes en situation d’itinérance.
2- Projet de loi no 2 : des retombées concrètes pour les patients
Dans la dernière année du mandat du gouvernement actuel, l’arrivée de Sonia Bélanger au ministère de la Santé et des Services sociaux vient relancer les discussions entourant le projet de loi no 2. Au-delà des débats, il importe de se rappeler que tous souhaitent la même chose : assurer l’accès à des soins de qualité, en temps opportun, à l’ensemble de la population québécoise. Le Collège suivra avec attention l’évolution de ce dossier, au regard d’objectifs clairs et mesurables : l’optimisation de la première ligne; la réduction des listes d’attente et l’amélioration des conditions d’exercice, pour mieux servir le public.
3- Droit à l’avortement : un acquis fragile
Cet hiver, le Collège suivra d’un œil vigilant la reprise des travaux parlementaires entourant le projet de loi no 1, qui vise entre autres à inscrire le droit à l’avortement dans la Constitution du Québec. L’automne dernier, nous avons exprimé nos réserves à cet égard, car nous craignons que cette démarche ouvre la porte à des interprétations ou à des contestations susceptibles d’affaiblir ce droit fondamental, déjà protégé. Le Collège prône plutôt la mise en place de mesures concrètes pour améliorer l’accessibilité à ce soin essentiel.
4- Stérilisations imposées : tolérance zéro
Le Collège demeure fermement engagé à lutter contre toute forme de violence obstétricale. En 2026, nous attendons avec impatience le second volet du rapport de la chercheuse Suzy Basile, de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), sur les stérilisations et interruptions de grossesse imposées à des femmes des Premières Nations et Inuit. Ces pratiques inacceptables, déjà condamnées par le Collège en 2022, avaient conduit à la mise sur pied d’un groupe de réflexion réunissant des partenaires clés. De concert avec ceux-ci, et en collaboration avec la sénatrice Michelle Audette, nous poursuivrons nos efforts. Par ailleurs, nous appuyons le projet de loi S-228 du Sénat, qui prévoit de criminaliser la stérilisation sans consentement.
5- Modernisation des lois professionnelles : vers plus de transparence
Juste avant les Fêtes, le ministre Jean Boulet a déposé son projet de loi no 15, visant à alléger les processus réglementaires du système professionnel et à élargir certaines pratiques. Nous y voyons un pas dans la bonne direction, mais le Collège est d’avis qu’il faudra aller plus loin sur le plan de la gouvernance, afin de garantir l’indépendance des ordres professionnels, une condition essentielle à leur crédibilité auprès du public. Nous avons déjà formulé au ministre plusieurs recommandations, dont les suivantes :
- Remplacer les assemblées générales annuelles par des rencontres publiques, afin d’accroître la transparence et de permettre des échanges directs avec le public.
- Confier les enquêtes portant sur l’éthique et la déontologie des membres du CA à une instance indépendante, pour éviter l’apparence de conflit d’intérêts et simplifier la réglementation.
- Réduire le nombre de membres au sein du Conseil d’administration et rééquilibrer la composition entre membres de l’ordre et représentants du public.
6- Gouvernance en santé : préserver l’indépendance scientifique
En 2026, le Collège continuera de défendre farouchement l’indépendance scientifique et l’expertise médicale. À cet effet, nous nous sommes exprimés ouvertement sur le projet de loi no 7, visant à réduire la bureaucratie et à accroître l’efficacité de l’État. La fusion envisagée d’organismes, dont l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) et l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), ou encore Héma-Québec et Transplant Québec, soulève des inquiétudes. Elle présente un risque pour l’indépendance scientifique et décisionnelle des instances de santé publique, pourtant nécessaire à la crédibilité des avis qu’elles formulent.
7- Une année de transition au Québec… et au Collège!
Enfin, le paysage politique sera appelé à changer l’automne prochain, alors que des élections générales se tiendront au Québec. D’ici là, le Collège suivra de près l’annonce des prochains budgets, tant au provincial qu’au fédéral, en veillant à ce que les priorités en santé, notamment le financement des soins et du maintien à domicile, soient prises en compte.
Ici même au Collège, 2026 sera une année de transition. D’une part, les médecins de la région métropolitaine iront aux urnes pour élire 4 membres du Conseil d’administration. D’autre part, sur une note plus personnelle, je terminerai en octobre mon deuxième et dernier mandat à titre de président du CMQ.
Après bientôt 8 années à la présidence, je ressens toujours cette même énergie, ce même désir de faire évoluer les choses. Les dossiers de 2026 reflètent bien les principes qui s’inscrivent dans l’ADN du Collège : la responsabilité sociale, l’accessibilité et la qualité des soins, le travail en équipe, et surtout, le désir de se rapprocher du public et de renforcer la confiance de la communauté médicale envers son ordre professionnel.
Écouter, collaborer, agir
L’année ne fait que commencer, mais déjà, le Collège s’engage à poser des gestes forts pour continuer d’améliorer le réseau de la santé, défendre les intérêts des patients et soutenir les médecins. Nous sommes pleinement mobilisés, prêts à écouter, à collaborer et à agir!
Et vous, comment entrevoyez-vous l’année?

Mauril Gaudreault, M.D.,
Président du Collège des médecins du Québec
Dans le cadre de ses fonctions, il représente le Collège auprès des instances politiques et de divers partenaires afin d'en assurer le rayonnement. Il s'assure que les services de l'ordre reflètent bien sa mission, soit de protéger le public en offrant une médecine de qualité.