Exercer la médecine de façon autonome durant la formation postdoctorale
Les recommandations du CMQ aux personnes monitrices et résidentes en médecine du Québec.
Au Québec, la formation médicale postdoctorale vise à former les futurs médecins spécialistes qui desserviront la population en lui dispensant des soins médicaux de qualité.
Toute personne admise dans un programme de formation médicale postdoctorale, au Québec, doit être immatriculée par le Collège des médecins du Québec, qui lui émettra une carte de stages précisant son programme, ses milieux de stage et son niveau de formation. La ou le titulaire de cette carte de stages exerce des activités médicales sous supervision, adaptées à son niveau de formation et à sa compétence, dans des milieux de formation approuvés par le Collège.
Il arrive que certaines personnes inscrites dans un programme de formation médicale postdoctorale soient aussi détentrices d’un certificat de spécialiste s’accompagnant d’un permis d’exercice valide. Ces personnes peuvent alors souhaiter exercer la médecine de façon autonome, de manière à ce que l’offre de soins de santé à la population québécoise soit bonifiée.
Recommandations du CMQ
Pour assurer la protection du public et optimiser la sécurité professionnelle des personnes apprenantes, le CMQ émet les recommandations suivantes concernant la cohabitation de la pratique autonome et de la formation postdoctorale :
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1- Disponibilité
L’exercice autonome de la médecine ne doit pas entrer en conflit avec les exigences de la formation, notamment la disponibilité pour l’exécution de tâches cliniques (y compris les gardes) et de tâches académiques.
La personne détentrice d’une carte de stages doit prioriser les besoins liés à sa formation pour ne pas compromettre son avenir en tant que médecin de médecine de famille ou d’une autre spécialité au Québec. Il est donc recommandé aux personnes détentrices d’une carte de stages qui envisagent de pratiquer la médecine de façon autonome, d’en discuter en amont avec leur directrice ou leur directeur de programme.
Exemple : un médecin détenteur d’un certificat de spécialiste (ex : médecine interne, psychiatrie, obstétrique gynécologie etc.) et qui effectue une surspécialité (ex : cardiologie, psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, oncologie gynécologique etc.)
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2- Bien-être
L’exercice de la médecine ne devrait pas avoir d’incidence négative sur le bien-être personnel de la personne détentrice d’une carte de stages.
Le Collège des médecins reconnaît que la formation médicale postdoctorale est une activité exigeante, nécessitant un engagement à part entière.
Exemple : un médecin détenteur d’un certificat de spécialiste en médecine de famille et qui effectue une formation complémentaire.
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3- Distinguer ses rôles
La personne détentrice d’une carte de stages doit s’assurer que ses rôles de médecin en exercice et d’apprenant n’entrent pas en conflit, et que tant les équipes soignantes que la patientèle ne les confondent pas.
- Le rôle de la personne détentrice d’une carte de stages doit être clairement distingué de son rôle de médecin exerçant de façon autonome : elle doit, dans sa façon, de s’identifier auprès de la patientèle en précisant son rôle et de signer les notes aux dossiers cliniques et les ordonnances.
- Le CMQ ne lui recommande pas d’exercer la médecine de façon autonome dans une des installations où se déroule sa formation.
Exemple : Un médecin détenteur d’un certificat de spécialiste (médecine de famille ou autre spécialité) qui effectue sa résidence dans une spécialité issue d’un champ de pratique complètement différent du précédent.
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4- Conformité aux règlements
La personne détentrice d’une carte de stages souhaitant exercer la médecine pendant sa formation médicale postdoctorale doit se conformer aux règlements en vigueur et à l’encadrement propre aux deux rôles qu’elle assumera. Cela inclut :
- l’acquittement des frais et la complétion des procédures administratives nécessaires à son inscription au tableau de l’ordre, en suivant cette procédure : Première inscription au tableau de l’ordre;
- la détention d’une assurance responsabilité professionnelle appropriée aux médecins en exercice, qui est indépendante de celle requise pour les résidentes et les résidents de même que les personnes monitrices;
- l’obligation de satisfaire aux exigences du Règlement sur la formation continue obligatoire des médecins;
- la complétion de toutes les démarches administratives applicables à la pratique en établissement, si elle souhaite y exercer la médecine.
Exemple : un médecin détenteur d’un certificat de spécialiste qui est résidente ou résident et qui désire faire un ajout à sa pratique.
Que ce soit dans son rôle de personne apprenante en médecine ou de médecin en exercice, le Code de déontologie des médecins s’applique en tout temps et sert de référence incontournable.