8 ans: un engagement de tous les instants
J’ai eu le privilège de présider le Collège des médecins durant 2 mandats, un ordre professionnel dynamique, actif et tourné vers l’avenir. Ces 8 dernières années, je me suis employé à faire entendre la voix des patients, de la population et des médecins.
J’ai veillé, pour ce faire, à la conformité de la gouvernance du CMQ et à la création de valeur pour notre profession, en insistant sur l’accès aux soins, la qualité de la pratique médicale et la responsabilité sociale. Si bien que mes années à titre de président s’incarnent en 4 verbes d’action : observer, réfléchir, décider, agir.
Observer
À mon arrivée à la présidence, en 2018, j’ai lancé un vaste exercice consultatif. Il en est ressorti des constats frappants : le CMQ était trop loin, trop seul et trop silencieux, et tant le public que les médecins se méprenaient sur sa mission. Soutenu par la permanence et le Conseil d’administration, j’ai travaillé à clarifier les choses et à rendre l’ordre plus présent, plus affirmé et plus collaboratif. Plus inclusif, aussi, en le dotant d’un énoncé de reconnaissance territoriale, d’un énoncé de position et d’une politique d’équité, de diversité et d’inclusion (ÉDI).
Réfléchir
L’actualité en santé n’a cessé de nourrir mes réflexions, ces dernières années. J’ai souhaité que le CMQ réfléchisse au racisme systémique, à la santé des femmes, à la santé mentale, à l’aide médicale à mourir, au lien qui unit santé et environnement, à la place grandissante du privé en santé et aux façons de soigner les personnes en situation d’itinérance. J’ai aussi accordé une place prépondérante à la collaboration interprofessionnelle et à la valorisation de la médecine de famille, en plus de sillonner le Québec à la rencontre de celles et ceux qui dispensent les soins, qui les gèrent et les coordonnent et celles et ceux qui les reçoivent. Composés d’experts tous azimuts, plusieurs groupes de réflexion ont ainsi vu le jour au CMQ, et après discussions, partages et analyses, des recommandations tangibles en sont ressorties, notamment sur l’aide médicale à mourir, sur les stérilisations imposées à des femmes autochtones sans leur consentement, sur la place du privé en santé et sur l’itinérance.
Décider
C’est parce que j’étais convaincu que le CMQ devait s’engager dans une transformation profonde, que j’ai souhaité en devenir le président. L’ordre professionnel avait besoin de plus d’agilité organisationnelle et d’une gouvernance renouvelée avec plus de femmes à des postes clés; il lui fallait aussi prendre le pouls des médecins du terrain et mieux accompagner ses membres dans le virage technologique qui commence à balayer la pratique; sans oublier les patients qui devaient être placés au centre de la relation thérapeutique pour devenir de véritables partenaires de leurs soins. Pour atteindre ces objectifs, il fallait que le Collège se dote de plans stratégiques. Deux ont marqué mes mandats : Virage 2023 a été mené avec succès et Destination 2027 arrivera à bon port l’an prochain.
Agir
Depuis 2018, plusieurs modifications ont été apportées aux façons de faire du CMQ, et tout cela, au bénéfice des patients, des soignants et du personnel de l’ordre. À l’interne, une Direction générale – distincte de la présidence – a été créée à la demande de l’Office des professions du Québec; une Direction des communications et des affaires publiques a été mise sur pied; une nouvelle approche de gouvernance a été instaurée au CA; et de nouvelles façons de faire ont été mises de l’avant dans les directions des enquêtes, de l’inspection professionnelle et du développement professionnel et de la remédiation. À l’externe, la présence du CMQ s’est accrue dans les médias et sur la place publique. À preuve : nous avons défendu plus de 20 mémoires en commissions parlementaires, remanié notre site Web et lancé divers canaux et outils, dont les médias sociaux, pour communiquer avec les membres, les apprenants en médecine et la population.
Poursuivre
Vu le contexte actuel, les attentes envers le système de santé sont grandes. La collaboration des médecins devient essentielle pour faire face aux défis et besoins collectifs d’une population vieillissante. Voilà pourquoi les concepts de pertinence des soins, de collaboration interprofessionnelle, d’élargissement des pratiques, de soins à domicile et de responsabilité sociale me sont chers. Je suis persuadé qu’en associant l’éthique de la responsabilité individuelle du médecin envers son patient à l’éthique de la responsabilité collective des médecins envers la population, nous réussirons à bien desservir tout un territoire et à accroître l’accès aux soins.
J’ai ancré mon approche dans l’engagement, l’écoute, l’empathie et le dialogue constructif, de manière à exercer une présidence courageuse, mais bienveillante. J’ai tenté de concilier les attentes de la population avec celles des médecins, pour que la confiance envers notre ordre professionnel soit renforcée et que son rôle de protection du public soit consolidé et mieux compris. Entre la pandémie de COVID-19 et le bras de fer opposant le gouvernement aux fédérations médicales, la traversée a parfois été houleuse, mais jamais vaine. Je laisse la prochaine présidence prendre le relais et agir en toute indépendance en respect de notre mission de protection du public.

Dr Mauril Gaudreault,
président du Collège des médecins du Québec
Dans le cadre de ses fonctions, il représente le Collège auprès des instances politiques et de divers partenaires afin d'en assurer le rayonnement. Il s'assure que les services de l'ordre reflètent bien sa mission, soit de protéger le public en veillant à une médecine de qualité.