7 dossiers à surveiller en 2026

Lisez le mot du président du 30 janvier 2026

Avant toute chose, permettez-moi de vous souhaiter une année porteuse de paix, d’espoir et, bien sûr, de santé! À peine commencée, 2026 s’avère déjà riche en défis et en transformations.

À la mi-janvier, nous apprenions la démission du premier ministre François Legault, dont nous saluons le leadership durant la pandémie, de même que l’engagement envers l’amélioration des soins de santé au Québec. Au cours des prochains mois, le Collège demeurera vigilant quant à l’avancement des projets gouvernementaux liés aux enjeux de santé, car ceux-ci doivent suivre leur cours, malgré ce changement de leadership.

Encore cette année, le Collège est prêt à écouter, à collaborer et à agir! Nous allons continuer de poser des gestes forts pour améliorer le réseau de la santé, défendre les intérêts des patients et soutenir une médecine de qualité. Plus particulièrement, voici 7 dossiers prioritaires sur notre table de travail.

1. Lutte contre l’itinérance : unir nos efforts

En forte croissance au Québec, l’itinérance représente une crise majeure de santé publique, étroitement liée aux enjeux de toxicomanie et à de nombreux problèmes de santé physique et mentale. Devant une situation aussi complexe, aucune solution ne peut être envisagée sans que l’ensemble des acteurs sociaux, dont les médecins, se mobilisent. Dès cet hiver, le Collège mettra sur pied un groupe de travail afin de dégager des pistes de solutions concrètes pour mieux soutenir les personnes en situation d’itinérance.

2. Loi 2 : des retombées concrètes pour les patients

Après le départ de Christian Dubé en décembre dernier, l’arrivée de Sonia Bélanger au ministère de la Santé et des Services sociaux vient relancer les discussions entourant l’application de la Loi 2. Au-delà des débats, tous souhaitent ultimement la même chose : assurer à la population des soins de qualité, en temps opportun, sur l’ensemble du territoire. Le Collège suivra avec attention l’évolution de ce dossier, en gardant le cap sur des objectifs clairs : une première ligne optimisée, une réduction des listes d’attente, et des conditions d’exercice appropriées, pour mieux vous soigner.

3. Droit à l’avortement : un acquis fragile

Le Collège suivra également d’un œil vigilant la reprise des travaux parlementaires entourant le projet de loi no 1, qui vise entre autres à inscrire le droit à l’avortement dans la Constitution du Québec. L’automne dernier, nous avons exprimé nos réserves à cet égard, car nous craignons que cette démarche permette des interprétations ou des contestations susceptibles d’affaiblir ce droit fondamental, déjà protégé. Le Collège prône plutôt des mesures concrètes pour améliorer l’accessibilité à ce soin essentiel.

4. Stérilisations imposées : tolérance zéro

Le Collège demeure fermement engagé à lutter contre toute forme de violence obstétricale. En 2026, nous attendons avec impatience le second volet du rapport de la chercheuse Suzy Basile, de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), sur les stérilisations et interruptions de grossesse imposées à des femmes des Premières Nations et Inuit. Ces pratiques inacceptables, déjà condamnées par le Collège en 2022, avaient conduit à la mise sur pied d’un groupe de réflexion réunissant des partenaires clés. De concert avec ceux-ci, et en collaboration avec la sénatrice Michèle Audette, nous poursuivrons nos efforts. Par ailleurs, nous appuyons le projet de loi S-228 du Sénat, qui prévoit de criminaliser la stérilisation sans consentement.

5. Modernisation des lois professionnelles : vers plus de transparence

Juste avant les Fêtes, le ministre Jean Boulet a déposé son projet de loi no 15. L’objectif? Alléger certains des processus qui encadrent les ordres professionnels et élargir les pratiques professionnelles dans le domaine de la santé et des services sociaux. Nous y voyons un pas dans la bonne direction, mais croyons qu’il faudra aller plus loin afin de garantir l’indépendance des ordres professionnels, une condition essentielle à leur crédibilité. Nous avons déjà formulé au ministre plusieurs recommandations, dont les suivantes :

  • Réduire le nombre de membres au sein du Conseil d’administration (CA) et rééquilibrer la composition entre membres de l’ordre (médecins) et représentants du public (personnes nommées par l’Office des professions).
  • Confier les enquêtes portant sur l’éthique et la déontologie des membres du CA à une instance indépendante, pour éviter l’apparence de conflit d’intérêts et simplifier la réglementation.
  • Remplacer les assemblées générales annuelles par des rencontres publiques, afin de permettre des échanges directs avec la population.
6. Gouvernance en santé : préserver l’indépendance scientifique

En 2026, nous continuerons de défendre farouchement l’indépendance scientifique et l’expertise médicale, dans la foulée du projet de loi no 7, visant à réduire la bureaucratie au sein de l’État. La fusion envisagée d’organismes, dont l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) et l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), ou encore Héma-Québec et Transplant Québec, soulève des inquiétudes. Il faut à tout prix sauvegarder l’indépendance scientifique et décisionnelle des instances de santé publique. La crédibilité de leurs avis en dépend.

7. Une année de transition au Québec… et au Collège!

Enfin, un vent de changement semble déjà souffler sur le paysage politique québécois et nous mènera jusqu’aux élections générales de l’automne prochain. D’ici là, le Collège suivra de près l’annonce des prochains budgets, tant au provincial qu’au fédéral. Car, quel que soit le parti au pouvoir, les priorités en santé, elles, ne changent pas. Nous veillerons notamment à ce qu’un financement adéquat soit prévu pour les soins et le maintien à domicile.

Ici même, au Collège, 2026 sera une année de transition. D’une part, des élections au CA se tiendront dans la région métropolitaine. D’autre part, sur une note plus personnelle, je terminerai en octobre mon deuxième et dernier mandat à titre de président du CMQ, conformément au règlement du Collège qui prévoit un maximum de 2 mandats consécutifs à la présidence.

Près de 8 années se sont écoulées depuis ma première élection à la présidence, et pourtant, je ressens toujours cette même énergie, ce même désir de faire évoluer les choses. Les dossiers de 2026 reflètent bien les principes qui s’inscrivent dans l’ADN du Collège : la responsabilité sociale, l’accessibilité et la qualité des soins, le travail en équipe, et surtout, le désir de se rapprocher du public et des acteurs du milieu. J’en suis fier!

Et vous, qu’est-ce qui vous anime en ce début d’année? Quelles sont, à vos yeux, les priorités pour notre réseau de la santé et des services sociaux en 2026?

Au plaisir de vous lire!

Mauril Gaudreault, M.D.,
Président du Collège des médecins du Québec


Dans le cadre de ses fonctions, il représente le Collège auprès des instances politiques et de divers partenaires afin d'en assurer le rayonnement. Il s'assure que les services de l'ordre reflètent bien sa mission, soit de protéger le public en offrant une médecine de qualité.

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