
DSN et P-38
Lisez le mot du président du 8 mai 2026.
Deux sujets attirent notre attention cette semaine : l’entrée en service du Dossier santé numérique (DSN) et la commission parlementaire sur le projet de loi 23 devant amender l’application de la loi P-38. Bien que ces éléments soient attendus avec impatience, tous deux soulèvent des préoccupations.
Dossier santé numérique
Le Collège salue la modernisation tant attendue du partage des informations cliniques des patients au sein du réseau de la santé. Mais nous entendons les multiples préoccupations exprimées par les membres de notre ordre entourant l’entrée en service du DSN dans le cadre de projets vitrines menés dans 2 CIUSSS sur 22.
Il est prévu que le DSN permette, à terme, de centraliser l’historique de santé des patients et les notes des professionnels, les résultats d’examens, la liste complète des médicaments, les rendez-vous, les suivis et les sommaires de visites, ainsi que les plans de soins et les ordonnances au congé.
Les assurances données par la première ministre, par la ministre de la Santé et par la PDG de Santé Québec veulent cautionner la fiabilité de la solution Epic. Il n’en demeure pas moins qu’entretemps, la courbe d’apprentissage pour l’utilisation du DSN est longue.
Nous suivrons avec vigilance le déploiement du DSN, entre autres en ce qui a trait aux impacts probables du ralentissement des activités médicales sur les patients en attente d’une chirurgie, d’un traitement contre le cancer ou d’un rendez-vous en clinique externe pour un examen d’imagerie ou d’endoscopie.
Il y a longtemps que nous attendons tous une solution technologique moderne pour le réseau de la santé. C’est pourquoi nous estimons que le DSN est au bénéfice des médecins et des patients.
Projet de loi 23
Les décès et les drames survenus au cours des dernières années, découlant de cas de santé mentale, justifient la mise à jour de la loi P-38 permettant d’hospitaliser contre leur gré des personnes dont l’état mental constitue une menace pour leur sécurité ou celle d’autrui. C’est aussi l’occasion d’améliorer plus largement l’accès aux soins et services en santé mentale.
Le Collège salue la volonté du législateur de s’attaquer à cet enjeu complexe et de moderniser le cadre juridique en matière de garde en établissement et d’intervention en contexte de dangerosité.
Nous émettons cependant des réserves quant aux directives psychiatriques anticipées et à la capacité d’évaluation octroyée à des intervenants qui ne sont pas des professionnels de la santé.
Nous partageons avec vous le mémoire transmis à la commission parlementaire chargée d'étudier le projet de loi 23.

Mauril Gaudreault, M.D.,
Président du Collège des médecins du Québec
Dans le cadre de ses fonctions, il représente le Collège auprès des instances politiques et de divers partenaires afin d'en assurer le rayonnement. Il s'assure que les services de l'ordre reflètent bien sa mission, soit de protéger le public en veillant à une médecine de qualité.