Le médecin et l’utilisation des textos ou d’une messagerie instantanée

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Définitions

Un texto1 est un message alphanumérique de longueur limitée, que l'on peut recevoir ou envoyer sur un terminal mobile ou sur un ordinateur. Il est aussi désigné sous les termes de message texte ou de message SMS (short message service).

Une messagerie instantanée2 est un service de communication qui permet aux personnes utilisatrices d'une application donnée d'échanger des messages et de partager du contenu en temps réel par l'intermédiaire du Web.

Les textos et les messageries instantanées sont généralement utilisés dans le cadre d’une communication rapide, en temps réel. La personne qui les utilise s’attend donc à une réponse dans un très court laps de temps.

L’utilisation des textos et de la messagerie instantanée en médecine est possible, mais elle doit s’appuyer sur certaines balises afin de respecter les obligations déontologiques des médecins, notamment celle relative au secret professionnel.

La présente page abordera la sécurité et la confidentialité des données, les bonnes pratiques et la tenue des dossiers en lien avec l’utilisation du texto ou d’une messagerie instantanée entre un médecin et un professionnel de la santé ainsi qu’entre un médecin et un patient.

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1- Sécurité et confidentialité des données

Afin de respecter le secret professionnel, le médecin doit garder confidentiel ce qui est porté à sa connaissance dans l’exercice de sa profession. Il doit donc s’assurer de la sécurité et de la confidentialité des informations qu’il transmet par texto ou par messagerie instantanée. L’ensemble du personnel de la clinique est également soumis à cette obligation.

Le médecin qui désire recourir au texto ou à une messagerie instantanée pour transmettre des renseignements personnels de patients doit utiliser une plateforme certifiée par le Bureau de certification du MSSS/Santé Québec (vous pouvez consulter la liste des applications certifiées dans leur site Web). Les plateformes de textos ou de messagerie instantanée disponibles au grand public (ex. : WhatsApp, iMessage, Messenger), celles qui sont gratuites ou celles qui sont utilisées principalement à des fins récréatives n’ont pas le niveau de sécurité requis pour traiter des renseignements personnels3 de santé (nom du patient, ses coordonnées, son numéro de chambre à l’hôpital, ses problèmes médicaux, ses traitements, etc.).

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2- Texto ou messagerie instantanée entre un médecin et un professionnel de la santé

Si un médecin désire utiliser ces moyens de communication pour transmettre des informations concernant un patient à un autre médecin, à un apprenante (étudiant, résident, moniteur), à un autre professionnel de la santé ou au personnel administratif d’une clinique ou d’un établissement, il doit utiliser un réseau de textos ou de messagerie instantanée certifié par Santé Québec. Il est important de noter qu’il est possible d’échanger des données confidentielles sur des patients en utilisant le clavardage de Teams dans la solution M3654 que le MSSS a mise à la disposition des médecins du réseau public de la santé.

Exemple

Si un médecin désire informer un résident de la présence d’une nouvelle consultation à la salle d’urgence, il peut envoyer ce type de message :

  • Sur un réseau de textos « grand public » : nouvelle consultation à l’urgence, voir le poste des infirmières pour plus d’informations.
  • Dans le clavardage Teams du MSSS ou dans un outil sécurisé certifié : nouvelle consultation lit 14 à la salle d’urgence, au nom de Mme Tremblay, pour une douleur thoracique atypique.

L’utilisation du texto ou d’une messagerie instantanée via un outil certifié par le Bureau de certification du MSSS/Santé Québec ne nécessite pas l’obtention d’un consentement de la part du patient concerné.

Avant de communiquer par texto ou par messagerie instantanée, il est recommandé de vérifier au préalable les coordonnées de la personne à contacter et d’avoir son autorisation pour utiliser ce moyen de communication.

Attention
  • Une ordonnance pharmacologique ne peut pas être envoyée par texto à une pharmacie communautaire. Consultez, à ce propos, la Fiche 5 – Comment transmettre une ordonnance à une pharmacie communautaire?
  • À l’occasion, un médecin peut utiliser un texto pour confirmer une ordonnance à un autre professionnel de la santé. Ce texto doit toujours être précédé d’une conversation avec ce professionnel. Par exemple : lors d’une garde à l’unité d’hospitalisation, une infirmière informe le médecin d’un résultat de laboratoire anormal nécessitant une ordonnance. Le médecin peut lui donner un aperçu de l’ordonnance requise en précisant qu’il confirmera le tout par texto dans les minutes qui suivent. Si un texto « grand public » est utilisé, le médecin ne peut inscrire aucun renseignement permettant d’identifier le patient. Il devra prévoir, lors de la conversation préalable avec l’infirmière, une façon de reconnaître à qui est destinée cette ordonnance. Cependant, si l’outil de clavardage Teams du MSSS est utilisé, le médecin peut transmettre toutes les informations nécessaires, car cet outil est jugé sécuritaire.

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3- Textos ou messagerie instantanée entre un médecin (ou sa clinique) et un patient

Peu de médecins ont accès à un réseau de textos sécurisé ou à une messagerie instantanée sécuritaire pour échanger avec leur patientèle. D’autres moyens sont donc à privilégier, notamment la messagerie sécurisée (ou portail patients) et le téléphone.

Avant d’utiliser des textos ou une messagerie instantanée sécurisée pour communiquer avec un patient, le médecin doit d’abord obtenir le consentement de la personne visée et bien choisir les informations publiées.

a) Consentement du patient

Le consentement peut être obtenu verbalement ou par écrit. S’il est obtenu verbalement, une note doit en rendre compte au dossier clinique. La discussion pour obtenir un consentement doit inclure un partage d’informations sur les risques et bénéfices de ce type d’échange.

Parmi les risques de communication liés à ces outils, notons que :

  • l’information peut être envoyée au mauvais destinataire;
  • l’information peut être interceptée par des regards externes, notamment lors de son affichage à l’écran;
  • l’appareil mobile peut être perdu ou volé;
  • l’identité peut être usurpée (spoofing), c’est-à-dire qu’une personne peut se faire passer pour une autre.

Le patient doit également être informé des personnes de la clinique qui auront accès à ces textos ou messages instantanés, de la possibilité ou non de répondre ou de débuter un échange avec son médecin ou la clinique au moyen de ce type d’outil, du temps de réponse probable et des situations où l’usage des textos est indiqué ou contre-indiqué (ex. : contre-indiqué en situation d’urgence).

b) Choix des informations à partager

Généralement, le médecin devrait convenir à l’avance avec son patient du contenu à partager par voie électronique : une telle planification évitera bien des malentendus. Par exemple : les textos ou une messagerie instantanée peuvent être utilisés pour confirmer un rendez-vous, demander une prise de rendez-vous, informer que des résultats de laboratoire ont été reçus, inviter un patient à consulter des informations dans le site Web de la clinique, etc. Toutefois, les textos ou une messagerie instantanée ne sont pas des moyens de communication appropriés pour les situations urgentes ou complexes.

À moins de circonstances exceptionnelles, il n’est pas approprié d’échanger certains contenus sensibles par texto ou messagerie instantanée, et ce même s’ils sont sécuritaires. Les sujets sensibles sont notamment :

  • toute information jugée sensible par le patient;
  • troubles de santé mentale;
  • toxicomanie et alcoolisme;
  • infection transmise sexuellement ou par le sang;
  • communication d’un nouveau diagnostic;
  • communication d’un nouveau traitement;
  • diagnostic ou traitement ayant une forte charge émotive.

Dans certaines circonstances, il se pourrait cependant que la seule façon, pour le médecin, de joindre un patient en temps opportun, soit d’utiliser des textos ou une messagerie instantanée non sécurisée. Le médecin devra alors faire preuve de jugement, expliquer les risques relatifs à la confidentialité des données au patient et obtenir son consentement, et finalement ne partager que le minimum d’informations requises.

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4- Bonnes pratiques en général
  • Mettre en place des procédures de gestion des textos et des messageries instantanées, incluant le respect du secret professionnel, à l’usage du personnel de la clinique.
  • Adresser les textos en utilisant un répertoire informatisé contenant uniquement les coordonnées validées des patients ou des collègues plutôt que de saisir manuellement les données et risquer ainsi de générer des erreurs.
  • Adresser les textos avec soin et de préférence à un seul destinataire.
  • S’assurer, lorsqu’il est nécessaire de faire un envoi de groupe, qu’aucun destinataire ne puisse voir les noms et les adresses des autres destinataires.
  • Informer les patients ou les collègues de travail des étapes à suivre lorsqu’ils ne reçoivent pas de réponse dans le délai prévu ou si la situation clinique s’aggrave.
  • Éviter d’activer les options de partage de données entre un dispositif utilisé à des fins professionnelles et d’autres dispositifs destinés à un usage personnel (téléphone, tablette électronique, ordinateur, disque dur externe, stockage infonuagique, etc.).
  • Lors de l’envoi d’une photographie, par exemple d’un examen d’ECG, s’assurer qu’aucun élément sur l’image ne permet d’identifier le patient à moins d’utiliser un réseau sécurisé. Pour de plus amples détails à ce propos, consulter Échange de photographie par voie électronique : quelles sont les règles à respecter?
  • Garder en tête qu’il est possible que ce ne soit pas le patient ou le professionnel souhaité qui utilise l’appareil électronique au moment de l’échange.
  • Lorsqu’un texto est envoyé à la mauvaise personne, l’expéditeur doit la contacter et lui demander d’effacer le message. S’il contenait des renseignements personnels de santé, l’expéditeur doit en informer le responsable de la protection des renseignements personnels de son milieu de travail.
  • Ne pas joindre d’hyperliens à la communication, à moins que le patient s’y attende, par exemple pour un rendez-vous en téléconsultation. Il est plutôt recommandé de lui donner le nom du site Web à consulter.
  • Utiliser un langage clair adapté au destinataire en utilisant un ton professionnel.
  • Relire le message avant l’envoi et porter une attention particulière aux actions du correcteur automatique.

Et plus spécifiquement, quand des textos sont échangés avec des patients :

  • Aviser les patients qu’ils doivent s’assurer de faire le suivi de leurs textos.
  • Les informer qu’ils doivent accuser réception du texto au besoin.
  • Inscrire dans le texto le nom de la clinique ou du service hospitalier et lorsque requis, préciser le nom du médecin et sa spécialité.
  • Utiliser le texto personnel du patient, et non par exemple celui de son emploi ou celui d’un membre de sa famille.
  • Toutes les utilisations inappropriées de textos méritent une explication polie au patient, en lui rappelant les conditions d’utilisation des communications électroniques et le niveau de sécurité des textos. Exemples de contenus inappropriés : photographie d’une zone corporelle sensible et/ou qui permet d’identifier le patient, commentaires sur l’actualité politique, etc.

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5- Tenue des dossiers

Les textos ou les échanges par messagerie instantanée qui contiennent des informations autres qu’administratives (ex. : rappel de rendez-vous) doivent être versés au dossier du patient, ou résumés dans une note comme le serait une conversation de vive voix entre un médecin et son patient ou entre un médecin et un autre membre de l’équipe de soins. Les photographies transmises par ces outils de communication doivent être versées au dossier des patients. Les patients doivent être informés de ces règles.


1 Office québécois de la langue française, consulté le 9 décembre 2025.

2 Office québécois de la langue française, consulté le 9 décembre 2025.

3 Sont considérés comme renseignements personnels de santé, tous les renseignements permettant d’identifier directement une personne, tels que son nom, ses coordonnées, son numéro de dossier, sa date de naissance, son numéro d’assurance maladie, son numéro de chambre, etc. Cela inclut également les informations permettant d’identifier indirectement une personne, telles que des antécédents médicaux personnels ou familiaux particuliers, l’identification de l’emploi précis dans une entreprise qui est nommée, etc.

4 Attention de bien utiliser la solution Microsoft 365 du MSSS : les autres plateformes Teams n’ont pas toujours le niveau de sécurité requis. La solution M365 du MSSS est celle qui vous donne accès au courriel .med.

Page publiée le 27 avril 2026